Dr Rakotonoel : Toubib or not toubib
6 septembre 2026 // Influenceur du mois // 501 vues // Nc : 200

Il est l'un des créateurs de contenus les plus suivis de Madagascar en ce moment. Le Dr Rakotonoel Rolland, cardiologue, a trouvé dans les réseaux sociaux un nouveau cabinet de consultation — et ses 317 000 abonnés semblent apprécier les visites. Un médecin qui parle de médecine, à la bonne personne sur la bonne chaîne.

« La cardiologie est un domaine qui touche beaucoup de personnes, mais dont on parle peu. Pourtant, certains problèmes peuvent être évités simplement en changeant notre manière de vivre. » Le constat est posé avec sérieux, mais sans condescendance. L'hypertension artérielle — ce tueur silencieux que les cardiologues appellent aussi la maladie des chiffres élevés — touche une proportion importante de la population malgache sans que beaucoup le sachent. Les facteurs de risque cardiovasculaire — sédentarité, alimentation, stress chronique — sont bien documentés, mais peu relayés. C'est précisément ce vide que le Dr Rakotonoel a décidé de combler. « Je ne voulais pas seulement soigner directement les patients, je voulais aussi transmettre des messages simples qui peuvent changer des habitudes », explique-t-il. Lancé dans la création de contenus en 2025, il aborde l'AVC, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension — avec une pédagogie qui se veut accessible sans jamais sacrifier la rigueur.

Au départ, pas de studio professionnel, pas d'équipe de production. Une lumière, un trépied, quelques prises et beaucoup de motivation. « Je faisais deux ou trois prises et ça me suffisait. Le plus difficile, c'était parfois de trouver la bonne première phrase pour accrocher les gens », raconte-t-il avec recul. Petit à petit, il affine son style — des vidéos courtes, accessibles, parfois teintées d'humour. Pour lui, parler de santé ne signifie pas forcément arborer le visage grave du grand patron de service. « Si le message est plus facile à comprendre, les gens retiennent mieux », constate-t-il. Cette approche n'a toutefois pas fait l'unanimité chez ses confrères. Certains lui reprochent de trop vulgariser la médecine — et quelques-uns, plus pragmatiques, craignent peut-être que des patients bien informés soient moins enclins à consulter pour tout et pour rien. Lui assume ce choix. « J'ai accepté de sortir un peu du cadre traditionnel, parce que j'ai vu que cela pouvait réellement aider des personnes », déclare-t-il sans détour.

La notoriété a apporté quelques effets secondaires inattendus — et pas les plus désagréables. « Avant, je pouvais acheter quelque chose tranquillement au marché. Maintenant, certains commerçants me reconnaissent et me rappellent mes propres conseils », plaisante-t-il. Sa plus grande satisfaction reste pourtant ailleurs — des familles qui regardent ses vidéos ensemble, des personnes qui prennent conscience de leur tension artérielle ou modifient leur régime alimentaire après avoir suivi ses contenus. Ces signaux faibles, pour un cardiologue, valent mieux que n'importe quel indicateur de portée. La prochaine étape est de développer son équipe technique, explorer d'autres plateformes et encourager d'autres médecins à franchir le pas. Parce qu'au fond, son idée est simple — faire descendre la médecine de son piédestal. Et parfois, quelques minutes d'une vidéo bien faite suffisent à rappeler à chacun de prendre soin de son cœur.

Lucas Rahajaniaina

WhatsApp : +261 32 80 006 46
Mail : Rakotonoelrolland@gmail.com
Photos : Andry Randrianarisoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir