Café du Rova : A table avec l’Histoire
10 septembre 2025 // Gastronomie // 7453 vues // Nc : 188

À quoi ressemblaient certains plats malgaches au XIXᵉ siècle ? Pour le découvrir, il suffit de pousser la porte du Café du Rova, niché au cœur même du Rova d’Antananarivo. Ici, la princesse Ratsimamanga Ralandison Fenosoa perpétue l’héritage culinaire transmis par son arrière-grand-mère puis sa grand-mère, et le partage avec quiconque souhaite goûter à un morceau d’Histoire.

Pensé comme le prolongement de la visite du site, le Café est une immersion dans les traditions malgaches qui commence bien avant que les plats n’arrivent sur la table. Chaque ingrédient est choisi avec minutie par la princesse, dans le respect des fady (interdits) et des gestes anciens. Ainsi, le « hanimpitoloha de Manjakamiadana » est toujours cuisiné sans porc, comme l’ensemble du menu. Pour le varanga, pas d’oignons ni de tomates pour relever le goût : la recette s’en passe depuis toujours. Quant au riz, c’est la variété rojomena (riz rose), récoltée depuis un ou plusieurs années (mialin-taona), qui est utilisée. « Les Malgaches ne consommaient pas le riz juste récolté. On accordait une grande importance aux réserves, les sompitra (greniers) », rappelle-t-elle.

Même la cuisson est fidèle aux règles d’antan. D’après ses aïeules, nées vers 1880 et 1902, cuisiner « à la malgache » signifiait ne pas soulever sans cesse le couvercle de la marmite, afin de préserver les arômes. Le secret ? Écouter attentivement la marmite. Ces gestes précis ne sont pas une contrainte, mais un acte d’amour.

« Pour mes ancêtres, la cuisine était avant tout une affaire de famille. Elles disaient qu’un repas cuit n’appartient à personne et que tout le monde doit en avoir sa part. Je ne suis pas cheffe cuisinière : je transmets un héritage, culinaire comme culturel », partage la princesse.

C’est ainsi qu’entre deux services, on peut la voir accueillir ses invités ou évoquer l’exportation du riz sous Ranavalona III, pendant que ses hôtes savourent du gisan’Antaninandro (oie) ou du ravitoto sy fanangany (feuilles de manioc et basse-côte de zébu). Loin de rester dans un bureau, elle assume ce rôle pédagogique auprès de ceux qui veulent bien tendre l’oreille. « Ceux qui viennent ici me confient souvent qu’ils ont l’impression d’être à la maison plutôt que dans un restaurant », rapporte avec une réjouissance non dissimulée la princesse Ratsimamanga Ralandison Fenosoa.

Parmi ses clients, le Café du Rova compte aussi bien des chefs d’État que des étudiants, à qui elle offre parfois des collations gratuites, à condition qu’ils préviennent à l’avance et ne soient pas plus de trente. Sans oublier les touristes, qui ont fait des glaces maison une spécialité incontournable, grâce au bouche-à-oreille. Et après le dessert, la transmission continue… dans les cuisines, auprès de ses collaborateurs et de ses petits-enfants, pour préserver la flamme de cet héritage.

Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : @cafe_du_rova
Facebook : Café du Rova

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir