Ils font bouger les lignes
23 février 2018 - In & Out commentaires   //   849 Views   //   N°: 97

Tsara Mada
Complètement bidon !

Lors des périodes cycloniques, les canaux des rues d’Antananarivo sont obstrués par les déchets plastiques. Fort de ce constat, Hery Zo Andriamiarana et Tojo Rajaona ont fondé Tsara Mada en 2015, une structure qui travaille dans le recyclage des plastiques et qui emploie une trentaine de personnes du bidonville de La Réunion Kely à Ampefiloha. « Nous œuvrons pour l’environnement mais aussi pour la création d’emplois pour les personnes n’ayant aucune qualification. Ce genre d’activité leur permettra d’avoir un revenu fixe et de ne pas se contenter d’aller cambrioler pour survivre. » Les matières premières proviennent des stations ayant des bidons d’huile de moteur inutilisés et des benne sà ordures qui regorgent de bouteilles en plastique et de bidons jaunes. « Nous employons les gens de La Réunion Kely pour les nettoyer, les découper, les transformer et les coudre. Nous recouvrons le plastique transformé par du jean

et des chutes de tissus récupérés. Si nous recevons une grosse commande, nous employons une trentaine de personnes en plus. » Grâce à cette initiative, Tsara Mada a été en lice pour l’African Entrepreneurship Award en 2017 au Maroc et a gagné la quatrième place. Elle continue aujourd’hui à produire des trousses, des bandoulières et des sacs à dos en bidon ainsi que des bidons qui servent de rangement de livres. Une affaire qui n’a pas l’air bidon !

Andy Marlon Bourgeon
Agriculture assistée par ordinateur

« Les nouvelles technologies doivent intégrer le secteur agricole malgache qui emploie 80 % de la population active », estime Andy Marlon Bourgeon, spécialiste en intelligence artificielle. Dans cette optique, il a créé en août 2017 une récolteuse automatique, une des premières machines pilotées par ordinateur, sortie des laboratoires des écoles doctorales de l’Université d’Antananarivo. « C’est une machine dédiée à la cueillette de fruits. Construite à Antsirabe, nous l’avons expérimentée dans la région Itasy pour cueillir des tomates. Elle permet aux agriculteurs de doubler leur productivité. » Si, sur un champ de 100 m2, un agriculteur peut récolter jusqu’à 300 tomates, avec la récolteuse automatique, il peut aller jusqu’à 600. Avec l’appui de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur francophone de Belgique, Andy Marlon Bourgeon et son équipe comptent produire une série de machines

qui seront commercialisées dans les 300 000 ariary ou louées à 15 000 ariary la journée. « Notre objectif est de mettre le plus de récolteuses à disposition des agriculteurs. En tenant compte de leur niveau intellectuel, nous allons bien sûr les former sur place dans chaque région. » Les tomates et autres fruits n’ont qu’à bien se tenir !

Roofi
Tout est bon dans le raphia

Après avoir obtenu son diplôme de Master 2 en macroéconomie, Tatamo Randriamanantena a choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat en créant en septembre 2017 Roofi, une entreprise spécialisée dans la décoration d’intérieure et qui se donne pour objectif de valoriser à travers ses créations le raphia, cette fibre végétale endémique de Madagascar. La jeune entrepreneure compte sur le savoir-faire des artisans d’Ambohitrimanjaka pour confectionner ses articles de décorations. « Je travaille actuellement avec sept artisans. Pour éviter les contraintes, ils travaillent dans leur village d’Ambohitrimanjaka. Pour nous la qualité, le design et l’originalité des produits sont très importants. »

Chez Roofi, le raphia se décline sous toutes les formes et couleurs et c’est ce qui permet à cette entreprise de sortir du lot ! « En général, quand on parle d’articles en raphia à Mada,

les gens pensent souvent aux représentations de girafes et de lémuriens alors que cette matière peut aussi être utilisée pour créer des objets du quotidien. Nous le transformons notamment en tables basses, en poufs, en vases ou encore en tapis. » Actuellement, elle fait face à certains problèmes pour s’approvisionner en raphia de bonne qualité mais elle ne se décourage pas. « La majorité du raphia brut est destinée à l’exportation. Malgré cela, j’essaye de chercher le meilleur raphia sur le marché local pour que cela n’impacte pas sur la qualité de nos produits. Redorer le blason du vita gasy, c’est mon défi ! »

Green Tsika
Ah les ordures !

Depuis mars 2017, Gaëtan Rajaofera et Kevin Rabefaritra assurent la gérance de GreenTsika, la première entreprise sociale de pré-collecte de déchets à domicile basée à Toliara. « Le projet GreenTsika a été initié par l’ONG allemande Welthungerhilfe (WHH) Madagascar en 2016. Suite à des problèmes de gestions, elle a décidé de nous passer le flambeau. » GreenTsika travaille avec huit pré-collecteurs fournis par l’association Caritas qui vient en aide aux personnes issues de milieux défavorisés. La pré-collecte des déchets se fait deux fois par semaine au sein des ménages qui ont payé l’abonnement mensuel de 3000 ar.

Afin de faciliter le suivi de ces opérations, les cogérants ont mis au point un service entièrement informatisé. « Les paiements se font uniquement par mobile banking. Nous avons équipé nos pré-collecteurs de smartphones.

Durant la pré-collecte, ils scannent les codes-barres que nous donnons aux membres pour savoir quel ménage n’a pas payé son abonnement. Nous avons élaboré ce système pour faciliter le suivi des paiements et pour nous assurer que les pré-collecteurs respectent le circuit de ramassage établi. » Actuellement, 980 ménages se sont déjà abonnés à ce service. À long terme, Green Tsika projette d’étendre son activité dans d’autres villes, notamment Nosy Be, Diego et Antananarivo, et de se lancer dans la valorisation de déchets.

Pages réalisées par #PriscaRananjarison et #MioraRandriamboavonjy

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