Ils font bouger les lignes
29 mai 2017 - In & Out commentaires   //   609 Views   //   N°: 88

Boniface Randriamanantena
« Des micro-puces pour retracer les zébus volés »

D’après un rapport de la gendarmerie nationale, 40 729 bovins ont été volés en 2016, représentant une perte de 28 milliards d’ariary pour les petits éleveurs. Près de 200 000 kilomètres carrés, soit un tiers de la Grande Île, sont considérés comme zones rouges où règnent les dahalo (bandits de grand chemin). Fort de ce constat, l’agence For Security a décidé de mettre la main à la pâte en offrant un service de retraçage des bovins volés. « Nous mettrons des micro-puces au niveau des oreilles de chaque zébu et enverrons des drones pour suivre leur trace en cas de vol », explique le gérant Boniface Randriamanantena.

Lancée depuis décembre 2016, l’agence For Security compte utiliser 500 micro-puces et 3 drones pour mener à bien ses missions.

Une phase-test de matériels a été réalisée en février dernier à Ambatondrazaka. « Notre rôle est de traquer les malfrats pour ensuite les livrer à la gendarmerie. Quant aux propriétaires qui louent nos services, ils payent 500 ariary par zébu chaque mois. » Un concept que l’agence For Security compte appliquer en ville pour sécuriser les matériels mobiles comme les motos et voitures. Suffisait d’y penser !

Contact
Boniface : 034 84 853 82

Haingo Raherisoa
« Femmes, je nous aime »

Le mois de mars a été consacré par l’ambassade Américaine à la célébration des progrès accomplis par la génération précédente de femmes, et cela dans plusieurs domaines. Haingo Raherisoa fait partie de celles qui ont été sélectionnées pour participer à ce programme intitulé « Women History Month ». Gemmologue et entrepreneure, elle est à la tête de l’Institut de gemmologie d’Antananarivo qui opère entre autres dans la certification de pierres, la prospection minière et la formation au métier de lapidaire. Persuadée que l’autonomisation des femmes est un facteur de développement, elle ne se sent pas pour autant une « féministe » radicalisée. « Je suis pour la complémentarité et la parité, il s’agit d’un tout qui doit œuvrer vers un même objectif. » Et croyez-en son expérience, il en faut du courage, des sacrifices et beaucoup de jugeote pour survivre dans le monde des affaires quand on est une femme.

Contact
Haingo Raherisoa : 034 11 158 83

Django Girls Antananarivo
Quelles décodeuses !

Les filles aussi savent coder ! Aina Anjary Fenomamy et Fifaliana Andriananja peuvent vous le prouver. Elles font partie des Django Girls, une communauté qui fait de la programmation avec le langage Python, présente un peu partout dans les grandes villes du monde. Son objectif est de faire découvrir le monde de l’informatique aux jeunes filles de la capitale mais surtout de leur apprendre à coder avec l’un des langages les plus simples et les plus intuitifs qui soient : « Nous tenons à apporter une touche féminine au mode de l’informatique, qu’on trouve un peu trop masculin ! » Et elles ont raison. Un premier atelier s’est tenu en août 2016 avec la participation d’une trentaine de curieuses et de passionnées de nouvelles technologies. Le quatuor qui a initié ce projet à Antananarivo espère, cette année encore à la même période, organiser un autre atelier avec des coachings et des tutoriels,

tout en prévoyant des rencontres avec les initiées de l’année dernière pour faire le suivi. Et ici tout est en open-source, c’est-à-dire en libre distribution.

Contact
Django Girls : anja1catus@gmail.com

Barinjaka Randriamilandy
« L’orientation scolaire, c’est capital »

D’après les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur en 2012, sur près de 25 000 étudiants inscrits à l’Université d’Antananarivo, 9 000 se ruent vers les filières droit, gestion, économie et sociologie, et seuls 600 choisissent la filière agro. « Cette tendance est la suite logique de ce que nos étudiants manquent d’orientation scolaire et professionnelle », explique Barinjaka Randriamilandy, président et fondateur de l’association Fanorina qui a lancé en avril dernier le magazine Ho aiza ? (Où aller ?), dédié à l’orientation professionnelle. « Au collège et au lycée, les élèves ne savent pas pourquoi choisir entre une filière technique et générale ou encore entre une option A, C, D au baccalauréat. Pareil, pour la Faculté, ils choisissent des filières, qui sont aujourd’hui saturées, car estimées les plus recherchées sur le marché du travail. Or l’agronomie,

la biologie marine ou encore la science sont tout autant des filières porteuses. » Avec l’appui d’un fonds commun de multibailleurs, le magazine sera distribué tous les mois dans les lycées publics et privés ainsi que dans les instituts privés de la capitale.

Contact
Barinjaka Randriamilandy : 034 76 573 73

Pages réalisées par #PriscaRananjarison et #DinaRamaromandray

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