Idah Razafindrakoto : L’aventurière du Neuvième art
7 mars 2017 - Cultures commentaires   //   1223 Views   //   N°: 86

L’avenir de la bédé malgache semble bien assuré sous le crayon d’Idah Razafindrakoto. Une jeune artiste qui nous emmène avec elle dans les aventures de Jess. Une épopée mi-fantastique mi-réelle dans la cité de Valéa. On croit rêver !

Jeune berger passionné de tambour, Jess a un rêve très ambitieux : celui de faire carrière dans la musique. Pour cela, il quitte sa famille et se rend dans la cité de Valéa, la ville de tous les possibles. Mais le talent et la volonté ne suffisent pas pour se faire un nom dans la musique. Par la force des choses,

il va se retrouver dans une aventure tissée de manipulations, de détournements et de grands mystères qui le lieront à la déesse Verseau régnant sur Valéa.

Entre réel et fantastique, Valéa, la cité cosmopolite est l’incarnation du passage de l’adolescence à l’âge adulte, ce moment précis où l’on prend tout à coup conscience des difficultés de vivre hors du cocon familial et d’aller vers un monde où les cadeaux se font rares ou sont empoisonnés. Les rencontres que Jess fera vont l’aider dans sa quête mais il devra aussi prendre les bonnes décisions et choisir les personnes à qui faire confiance.

Jess est un peu l’alter ego de sa créatrice : « L’atteinte d’un objectif de vie, la poursuite d’une quête et les ambitions sont des notions qui me sont chères. Comme je me sens aventurière, la conception d’une histoire qui reflète cet état d’esprit m’est naturellement venue. » La jeune femme a quitté Madagascar en 2016 pour le Cameroun où elle se spécialise en (bonne) Gouvernance, après quoi elle espère travailler dans les relations internationales entre Madagascar et la Communauté de développement d’Afrique australe.

Aux côtés des bédéistes malgaches, Idah Razafindrakoto ne cesse de promouvoir les arts visuels : « J’ai toujours accordé une valeur profonde à l’illustration, étant donné que c’est un instrument de communication suscitant l’attention et avec un réel impact. J’illustre par le biais de dessins souvent crayonnés, afin d’aboutir à un dégagement d’émotions, de pensées et de sensibilités personnelles. » Elle s’est ainsi forgé un style bien à elle, reconnaissable entre tous, ce qu’elle appelle le « croquis crayonné sur le vif » où tout tient à la rapidité et à la promptitude dans la réalisation des traits. Chaque vignette transcrit cette vélocité, ce qui ne l’empêche pas de passer plusieurs fois sur un trait de visage, une mèche de cheveux ou un pan de t-shirt pour aiguiser un détail.

Pure autodidacte, elle a toujours su profiter des opportunités qui se sont offertes à travers ateliers, échanges et activités interactives pour progresser dans son art. Parmi les dessinateurs qu’elle admire, Pierre-Yves Riveau (Pez), Alessandro Barbucci et Tadatoshi Fujimaki.

Les premières planches de Valéa, la cité cosmopolite sont sorties en décembre dernier dans le blogzine malgache Buskers Magazine, consacré à la culture et aux arts, avec un chapitre livré tous les mois. Deux autres bandes dessinées sont en gestation dont l’une paraitra dans un magazine aux Comores. Elle alimente régulièrement son blog idah-imaginarium.blogspot.com de portraits originaux et de carnets de voyage. Un portfolio infini !

Contact
Idah Razafindrakoto : Idah Idäh sur facebook

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