Gabatcha : Dix euros pour parrainer un étudiant
22 mai 2017 - Associations commentaires   //   789 Views   //   N°: 88

Depuis 2007, l’association Gabatcha donne les moyens aux enfants de Sainte-Marie (Nosy Boraha) de poursuivre leur scolarité de manière acceptable, jusqu’à l’université, grâce à un système fidèle de parrainage. Il était temps.

Si l’on considère Sainte-Marie (Nosy Boraha) comme l’île d’une île, on ne fait que prendre conscience de son isolement géographique face à la Grande Terre. Faute de moyens, seuls 15 % des bacheliers saint-mariens enchaînent sur des études universitaires. Mais depuis 2007, grâce à Gabatcha, association caritative de la loi 1901, classée humanitaire, les choses bougent.

Jean Alix Imbiki s’estime « heureux et chanceux » d’avoir pu bénéficier du soutien de l’association Gabatcha quand il a voulu poursuivre son parcours scolaire en économie et gestion. Ce jeune bachelier saint-marien profite de la première promotion en 2008 où une bourse va l’aider à finaliser ses études en payant ses frais d’université et l’accueillir dans une cité construite près de Barikadimy, à Toamasina. Son diplôme de maîtrise en Sciences économiques et sociales en poche, Jean Alix Imbiki a ainsi pu décrocher à Sainte–Marie un poste de deuxième adjoint à la Commune.

Ce sont ainsi plus de trente étudiants que Gabatcha s’efforce de soutenir depuis neuf ans grâce aux donateurs. Ce qui est intéressant dans la démarche de ce parrainage éducatif, au-delà du taux de réussite des heureux élus (certains évoluent déjà en Master 2), c’est le phénomène de soutien mutuel entre chaque étudiant et cette volonté de continuer la chaîne de l’entraide.

« Quand tu manges le fruit, souviens-toi de qui a planté l’arbre », un proverbe africain que Nelly, un des 30 étudiants aujourd’hui en 5e année d’histoire, aime à citer pour exprimer la philosophie de Gabatcha. Comme les autres, il garde le contact avec son parrain, fier d’avoir été « adopté », et reste solidaire au concept de la bourse d’étude Gabatcha au profit de ses successeurs.

Gabatcha modèle sa ligne de conduite basée sur un fitiavana raisonné, un esprit de famille, et une précieuse entraide entre étudiants, loin de la culture des pots de vins qui gangrènent les examens pour l’obtention de la bonne note ou des bakchichs pour accéder à un poste de travail.

Les premiers bons résultats de ces neuf années d’activité conduisent cependant l’association à un constat criant : les besoins croissants en bourses universitaires sur Sainte-Marie sont freinés par un manque de parrains donateurs. Sur ces 160 km2 tout en longueur, l’île compte plus de 22 000 habitants dont nombreux aimeraient poursuivre des études supérieures sur la Grande Terre.

Parrainer un étudiant c’est comme pousser son propre enfant vers un envol constructif. Pour devenir parrain, cela se calcule par le don (déductible d’impôts) d’un simple billet de 10 euros pouvant soutenir les études d’un étudiant volontaire et contribuer au changement de sa vie professionnelle. L’éloignement de Sainte-Marie pour la Grande Terre peut faire se rapprocher un jeune futur diplômé d’un parrain donateur et qui sait ? ouvrir le premier chapitre d’une longue histoire. Question de maîtrise.

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