Fofa RABEARIVELO : Le pays a besoin d’un musée national et d’une école d’Art
27 juillet 2018 - Diaspora commentaires   //   441 Views   //   N°: 102

Installé à Saint-Pétersbourg (Russie), le peintre Fofa Rabearivelo célèbrera bientôt ses 35 ans de vie artistique. On le considère comme le protagoniste de la révolution mythopoétique, insérant dans ses oeuvres des symboles des époques moderne et postmoderne.

La révolution mythopoétique pour ceux qui débutent ?
Pour la décrire en quelques mots, je dirais la recherche de l’harmonie dans l’espace. Mythopoétique parce qu’on peut la classer dans le style du Romantisme. C’est la poésie picturale, de la musique traduit sur les toiles, les notes, les rythmes et les symboles. C’est une tradition de multiculturalisme mais les thèmes malgaches prennent le dessus : la culture, la faune et la flore, les paysages, les portraits. C’est un mélange des peintures classique, abstraite, primitive et décorative. Si une oeuvre d’art a pour but d’éduquer, elle a aussi pour fin la conservation d’un patrimoine. Du fait de tous ces attributs, mes oeuvres sont reconnaissables au premier coup d’oeil.

Des oeuvres qui se retrouvent un peu partout dans le monde ?
Quelques-unes de mes toiles se trouvent chez des particuliers à Madagascar mais la plupart sont à Saint-Pétersbourg ma ville de résidence et

et qui est en quelque sorte la capitale culturelle de la Russie, en Chine, 58 en France, en Allemagne, aux États-Unis, en Équateur, en République tchèque et même dans la collection de l’actrice Susan Sarandon. Je prends part aux expositions annuelles de l’Union des artistes de la Fédération de Russie et j’en organise une une fois dans l’année dans les galeries de plusieurs régions de la Russie. Dernièrement, j’étais invité au Zama 2017 (le rassemblement de la diaspora malgache) à Lille. Une grande rencontre qui a débouché sur des relations artistiques avec des écrivains, des journalistes et des cinéastes.

Vous êtes un véritable acteur culturel…
Au départ, travailler seul dans le milieu artistique est difficile. Il faut intégrer des groupes pour être vu. J’ai créé Les Éléphants de Guerre qui regroupait les étudiants de notre école d’Art. C’était au temps de la Perestroïka, entre 1985 et 1991, le début de l’ouverture de l’ex-URSS vers l’Occident, où les peintures contemporaines étaient présentées pour la première fois au public. Malheureusement, le groupe n’a pas résisté car les membres ont immigré vers d’autres continents pour poursuivre leur carrière artistique. Avec ma famille, nous sommes rentrés au pays en 1992 où pendant deux ans, j’ai donné des cours de dessins et de peinture au Centre de culture et d’information de la Russie. Avec feu Richard Razafindrakoto, nous avons tenté de faire bouger un peu le monde pictural de la capitale avec la création de Vain’Afo et deux expositions à l’Alliance française, à Antaninarenina à l ’ é p o q u e , et au Trano Vao d’Andavamamba suivies d’un symposium. En 1994, j’ai quitté le projet pour rejoindre la Russie. J’étais admis dans l’Union des artistes de la Fédération de Russie, une entité gouvernementale pour soutenir les jeunes artistes.

Vous pensez au retour ?
C’est assez rare que je vienne à Madagascar. Mon dernier voyage date de 2014 lors de la célébration de mes trente ans de vie artistique avec deux expositions à l’Alliance française d’Andavamamba et à la Résidence Rainilaiarivony où j’ai fait don de six toiles au ministère de la Culture et du Patrimoine pour un futur musée national. Mais où on est-on aujourd’hui ? Il est grand temps de classer les oeuvres. Madagascar a besoin d’un fonds national d’art contemporain, d’un musée, d’une école d’Art… Les jeunes talents ont besoin d’étudier la peinture, il faut leur donner une chance pour exposer et produire plus. Il ne faut pas laisser les talents dans l’ignorance ! Concernant mes projets, je vais réaliser l’affiche du film Fahavalo (Madagascar 1947) de Laterit Production. Cette année, nous allons organiser une ou plusieurs expositions de mes oeuvres pour la grande première de ce film à Madagascar. Cela pour fêter mes 35 ans de vie artistique.

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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