Fifih : En toute simplicité
8 novembre 2018 - Cultures commentaires   //   139 Views   //   N°: 106

Sa voix nue se pose délicatement sur les sons de sa guitare. Sa musique est née d’influences diverses. A 20 ans à peine, Fifih impose sa présence sur scène malgré sa timidité et son allure ingénue. A découvrir au no comment® bar à Isoraka, le 24 novembre.

Seule avec sa guitare, Fifih nous emporte avec sa voix suave. Une sensualité indescriptible, celle d’une vraie femme. Malgré son jeune âge, elle s’est lancée dans une carrière solo en 2017 mais déjà avec un gros bagage musical. Issue d’une famille de musiciens, un père dans le Kalon’ny Fahiny et une grand-mère, guitariste, Fifih a appris la musique presque toute seule. « A l’âge de 17 ans, j’ai intégré le groupe Ny Ainga où je suis restée pendant une année. C’était une grande expérience pour moi car j’ai appris tous les styles de voix, les expressions scéniques… » Elle décide également de passer des concours de chants comme Pazzapa ou Vox Pop mais c’est lors d’un concours au CGM (Cercle germano-malgache) qu’elle a eu le déclic. « J’ai réalisé que je pouvais embrasser une carrière solo et la rencontre avec d’autres musiciens m’a beaucoup aidée en ce sens. » Après avoir balancé ses vidéos sur les réseaux sociaux, Fifih n’espère plus qu’une chose : monter sur scène pour partager sa musique.

Jamais agressive, mais pas non plus dans la retenue, sa musique est un voyage entre le folk, le reggae, le blues et les rythmes traditionnels malgaches. La jeune chanteuse ne veut pas être enfermée dans un style particulier. « Je ne saurais décrire mon style. Je dirais que je compose et j’écris en fonction de ce que j’écoute et ce que je ressens. » Si elle se laisse emporter par ses émotions, c’est toujours avec une grande maturité. Dans ses textes, elle décrit la société actuelle, les difficultés de la vie à Madagascar, les injustices, en se tournant surtout vers les jeunes. « Certains de mes textes sont engagés lorsque je parle des droits humains, de la liberté, de l’éducation… »

Dans la chanson Hary Helatra, elle raconte l’histoire d’un jeune qui revient chez ses parents après avoir reconnu ses erreurs : le retour du fils prodigue. Dans No mahalala, elle estime que chacun doit profiter de la vie comme bon lui semble. Mais face à la vie, il y a la mort (ah bon ?) Fifih traduit dans Mampamangy sa façon de faire ses adieux. Un titre assez fort pour une jeune femme qui n’est encore qu’au début de sa carrière. « Quand je ne serai plus sur cette terre, je n’ai pas envie que les gens m’oublient mais c’est aussi ma manière de dire au revoir au cas où je n’aurais pas le temps de le faire. » Si les paroles sont assez dures, la chanson est un délice pour les oreilles. Les sons de la guitare et du begah, un instrument dérivé de la valiha et de la harpe, sont joliment mêlés à la voix mélodieuse de Fifih. « J’aime les sons que procurent les instruments à cordes. J’ai l’impression que ça te percute en plein coeur. » Pour le moment, elle joue la carte de la simplicité en optant pour l’acoustique et collabore surtout avec des percussionnistes et des bassistes. L’année prochaine, Fifih compte sortir son premier album, le temps de réunir les ingrédients nécessaires.

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