Félicitations pour avoir survécu à 2015
6 janvier 2016 - Fomba commentaires   //   1450 Views   //   N°: 72

Bonne année 2016 ! Meilleurs vœux ! Que dire de plus le jour de l’an ? Madagascar vous offre la prime de l’originalité. Dans la Grande Ile, l’on se souhaite le meilleur, certes, comme partout ailleurs pour le Nouvel An mais surtout, l’on s’y félicite le jour J… d’avoir survécu. Cpmme originalité, on ne peut faire mieux. 

Arahaba nahatratra ny taona signifie « Bravo pour avoir atteint un nouvel an de plus ». Mais attention, c’est le souhait formulé par les puristes qui s’admirent – à leur habitude – dans le miroir de leur culture, car le Malgache moyen, lui, fait sauter deux syllabes au début et une voyelle à la fin pour un raccourci. Le Nahatratra « avoir atteint », traduction libre) devient Tratry (« avoir été atteint »).

Tout le monde a faux, y compris dans les formules des cartes de vœux, exultent les puristes car, pontifient-ils, le Nouvel An n’a pas couru après vous pour vous atteindre ou vous rattraper. Il était là devant et vous avez bénéficié de 365 jours pour vous réveiller et mettre les pieds dans une année de plus. Cela mérite bel et bien des félicitations. Et justifie des extras alimentaires.

Les reines et rois de l’Imerina servaient pour l’occasion de la viande braisée de bœufs abattus le précédent Nouvel An, cuit et recuit dans sa graisse pour la conserver jusqu’au prochain. Les traditions se perdent, mais le goût pour les braisés reste. A défaut d’un bœuf (entier) les familles actuelles se rattrapent sur la volaille qui devient alors hors de prixn surtout la volaille dédiée, dindons et oies ou poulet engraissé.

Ironie du sort, la viande était antan un pis aller pour satisfaire l’impatience de manger du bœuf. Car, les lois du royaume en interdisaient l’abattage avant le grand jour. Un proverbe parle du triste sort d’une vieille femme qui meurt le jour de l’an ou de la Fête du Bain. Elle est partie trop tard pour fêter le Nouvel An ici-bas et trop tôt pour le fêter là-haut, à Ambondrombe, la montagne mythique où vont les âmes des morts. L’on y entend souvent, raconte-t-on, les bruits de pilon pour le riz du soir, des cris d’enfants qui jouent, des bébés en pleurs ou la grosse caisse, le tambour et les flûtes d’une fanfare villageoise.

Le « Tous mes vœux » pour l’avenir, se transforme ainsi en félicitations pour le présent, autrement dit les festivités du Nouvel aAn ne sont qu’autant d’hommages à la vie. Nous voilà loin de janvier, le mois de Janus, le dieu aux deux visages, l’un tourné vers l’avenir, l’autre vers le passé. Pourquoi faire ? Le passé est mort, l’avenir est encore dans les limbes. Mais, le Présent est bel et bien là et tout le monde est content de se sentir bel et bien vivant. Félicitations à tous !

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