Fahavalo, Madagascar 1947 : Une plongée dans les événements de 1947
12 septembre 2018 - Cultures commentaires   //   183 Views   //   N°: 104

Au son de l’accordéon de Régis Gizavo, la réalisatrice et productrice Marie-Clémence Andriamonta Paès raconte dans ce documentaire un pan de l’histoire de Madagascar tenu jusqu’à aujourd’hui dans « l’oubli » et le « déni ». Aussi bien par la mémoire coloniale que par le discours malgache.

A travers cette aventure cinématographique, la cinéaste franco-malgache nous plonge dans les événements de 1947, la rébellion des Malgaches contre le système colonial. Un sujet qui reste bien présent dans la mémoire des derniers insurgés, mais qui est peu abordé et raconté aux nouvelles générations. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réalisatrice, dont l’histoire personnelle est liée à cet événement, a décidé de prendre la parole et de raconter l’histoire du point de vue des Malgaches.

La réalisation et la production de ce film ont nécessité un laborieux travail de recherche, qui a débuté vers 2010-2011 suite à un déclic : l’exposition du photographe Pierrot Men, Portraits des insurgés. La collecte des archives photographiques, iconographies et filmographiques a amené la réalisatrice à parcourir le monde puisque le contexte est lié au retour des soldats malgaches des fronts de la Seconde Guerre mondiale.

C’est une des réalités que les recherches ont révélées et qui explique en partie la complexité de cette histoire de 1947.

Le film alterne des images d’archives et des témoignages pour « porter avec force le passé jusqu’à nos yeux et nos oreilles ». Mais il donne aussi à voir les décors de ces événements. Marie-Clémence Andriamonta Paes et son équipe sont effectivement revenus sur les lieux des faits. En partant des hautes terres, ils ont sillonné les espaces traversés par les lignes de chemins de fer, remontant le canal des Pangalanes, pour atteindre la côte Est de la Grande île. Ce périple leur a permis de recueillir et d’enregistrer de poignants témoignages des derniers insurgés, dont la plupart sont aujourd’hui des nonagénaires.

Face aux caméras, ces derniers se sont confiés, évoquant des détails importants de ces événements qui sont rarement voire jamais narrés. La réalisatrice a usé du cinéma comme « médiateur de la mémoire ». Elle justifie  le choix du format par cette capacité du cinéma documentaire à « enregistrer et à restituer quelque chose d’intangible », mais aussi à susciter des « réflexions sur le réel et sur l’histoire ».

Et le travail se poursuit, car après la production, il est maintenant question de diffusion. Grâce au crowdfunding et au site dédié au film (https://fahavalo-film.com/), l’équipe de Laterit a pu financer l’achat de droit des archives, lequel va permettre au film d’être vu à Madagascar et en France pendant les dix prochaines années. L’appel à partenariat reste également ouvert pour qu’une tournée à Madagascar puisse se faire. Mais avant cela, il prévu que le film soit présenté en avant-première à Lisbonne, au Portugal, en octobre dans le cadre du festival Doclisboa.

Association des critiques ciné de Madagascar (ACCM)

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