Fahasembanana
31 juillet 2017 - Abidi commentaires   //   496 Views   //   N°: 90

Handicap

Voambolana (Vocabulaire / Vocabulary)

Kala iray sy kiloa : un billet de 200 ariary et un de 100 ariary
Cette expression désigne les personnes boiteuses. On les qualifie ainsi parce qu’ils ont les pieds dissymétriques, comme ces deux billets de banque qui sont de même format mais qui ont des valeurs différentes.

Banga ridana : totalement édenté / Totally edentulous
Ce sont les gens qui ont perdus leurs dents, les « sans dents » comme disait un grand humaniste, surtout celles qui sont devant.

Sola paika : totalement chauve / Totally bald
Chez les Ntaolo, les Malgaches d’antan, les cheveux étaient signes de sagesse et ceux qui les avaient longs étaient considérés comme sages, la calvitie étant donc un handicap.

Expressions

1. Sola loha mangery diavolana ka tsy fantatra izay lohany sy vodiny : comme un chauve qui défèque en plein air une nuit de pleine lune, on n’arrive pas à distinguer sa tête de ses fesses. / Like a bald man who defecates in the open air on a full moon night, we can not distinguish his head from his buttocks.
Autrefois, les chauves étaient considérés comme des handicapés, voire des maudits. Dans cette expression, on se moquait d’eux en disant que malgré la lumière de la pleine lune, un signe de salut, ils ne s’en sortiront pas.

Leur tête, la partie la plus sacrée de leur corps, est comparable à leurs fesses.

2. Manararao-paty toy ny banga mihomehy alina : comme les personnes édentées, elles profitent de la nuit pour rire à s’en décrocher les mâchoires / Like toothless people, they take advantage of the night to laugh full-mouth.
Cette expression désigne les personnes qui aiment à prendre en cachette un plaisir solitaire sur des choses sensées être honteuses. En effet, pour les gens édentées, s’esclaffer n’est pas toujours valorisant. Alors, ils profitent de la nuit pour rire à pleines dents la nuit car personne ne remarquera qu’ils n’ont plus de dents.

3. Njola mangata-bady, ny zanany no angatahina ka ny reniny no atao tsara banjina : comme un strabique qui va demander une fille en mariage, il fixe des yeux la belle-mère alors que c’est sa fille qu’il demande. / Like a strabique who is going to ask for a girl in marriage, he stares at the beautiful mother while it is his young girl he asks.
Ici, on parle de maladresse. Dans la culture malgache, quand on demande une fille en mariage, on observe le vodiondry, la demande de la main d’une fille à ses parents. Lors de la cérémonie, on présente quelques filles au demandeur et il choisit du regard sa Dulcinée. Mais pour les strabiques, surtout divergeants, cette tâche n’est pas aisée car les gens ne savent pas où ils regardent précisément.

4. Boka mangala-boatavo ka mifampitolona samy malama : tel un lépreux volant une citrouille, c’est de la porter qui pose problème / Such as a leper stolling a pumpkin, it is the means of wearing it that poses a problem. Cette expression qualifie des gens qui se mettent eux-mêmes dans des situations embarrassantes. Après tout, un lépreux qui n’a pas de doigts ne devrait pas aller voler une citrouille qui a une peau glissante.

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