Fabienne Rafidiharinirina : En anglais dans le texte
14 février 2017 - Médias commentaires   //   678 Views   //   N°: 85

En février 2016, le premier article de « Madagascar Today » est mis en ligne. Aux claviers, Fabienne Rafidiharinirina qui, seule, ne cesse de lutter pour se faire un nom dans le monde impitoyable de la presse.

Selon le dernier rapport sur les tendances mondiales de la presse, publié annuellement par l’association WAN-IFRA (World Association of Newspapers and New Publishers), les lecteurs des journaux et des médias d’information en ligne ne cessent d’augmenter, surpassant même les médias papiers dans la plupart des pays les plus développés. Fabienne Rafidiharinirina a décidé de surfer sur cette déferlante. Entrepreneuse digitale, elle a créé en 2016 le projet « Madagascar Today », un portail d’information entièrement rédigé en anglais. « Depuis un certain temps, l’idée de créer un site me trottait dans la tête. Je voulais concevoir un projet qui soit dans mon domaine de compétence », explique-t-elle.

Elle commence la rédaction web en 2005 après des études en histoire et géographie : « Au début, je faisais surtout de la retranscription audio, mais petit à petit j’ai appris à rédiger des articles et à informer. » 

Sa passion pour l’écriture l’amène à ouvrir des blogs et à rédiger des articles pour des magazines internationaux, mais l’envie de créer son propre site est là : « Un blog demande beaucoup de motivation. Comme la création est gratuite, on peut vite abandonner si l’inspiration nous manque. C’est un véritable investissement. Pour la création de Madagascar Today, j’y ai laissé toutes mes économies, soit environ 1,5 million d’ariary. » Pour éviter les coups de pompe, elle se plonge dans la lecture du « Pouvoir de l’intention » de Wayne Dyer.

La difficulté de Fabienne pour animer son site est double : « D’une part, je suis toute seule à rédiger et à publier et d’autre part, je ne reçois pas les invitations aux conférences de presse ! » Le très polémique Code de la Communication promulgué en 2016 reconnaît bien « la communication médiatisée sur la toile », mais c’est au niveau de la diffusion qu’il y a un couac. En regardant les statistiques de Madagascar Today, les Malgaches ne figurent qu’en troisième position comme lecteurs : « Dans le top cinq des lecteurs, en première position, il y a les Etats-Unis et ensuite la Russie. C’est seulement après qu’il y a Madagascar, qui est suivi par la France et l’Ukraine. » Normal dans un pays où la connexion Internet reste un luxe et où l’anglais, malgré le fait que ce soit la troisième langue officielle, n’est parlé que par une mince frange de la population. Malgré tout, Fabienne ne cesse d’œuvrer pour faire valoir son site d’information en ligne – elle a même créé sa propre carte de presse !

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