Drwina : L’appel de l’Antsalegy
12 décembre 2019 - Cultures commentaires   //   92 Views   //   N°: 119

C’est dans le style antsalegy que s’illustre Drwina. Originaire du Nord, il puise ses inspirations dans les musiques traditionnelles et remet le salegy au goût du jour. A découvrir au no comment ® bar Isoraka le 14 décembre prochain.

« Dans les années 2000, j’ai d’abord fait du rap comme tous les jeunes de mon âge. Ensuite, je me suis tourné vers le reggae parce que c’était la tendance à l’époque, mais je n’ai jamais percé dans ce style-là. » Le jeune guitariste, chanteur et compositeur a mis du temps à trouver sa voie. Après avoir longtemps baigné dans le reggae, Drwina a décidé d’exploiter les musiques traditionnelles malgaches, plus précisément, celles de sa ville natale, Diego Suarez.

À son retour dans sa ville natale en 2016, il effectue ses propres recherches sur le patrimoine musical et finalement s’inspire du salegy. Mais le jeune chanteur ne fait pas que reprendre ce rythme, il veut mettre en avant les différentes façons de chanter du Nord, comme l’antsa, sorte de louange entonnée lors des cérémonies rituelles, le jijy, un art oratoire considéré comme du rap avant la lettre, ou encore le kôro, le chant traditionnel des Tsimihety. En mélangeant ces rythmes, il a fini par créer son propre style qu’il a baptisé antsalegy, que l’on peut traduire par « là d’où vient le salegy ». « Je me suis inspiré de la tradition musicale dans les campagnes de Diego, puisqu’en ville, ce sont les musiques urbaines qui sont appréciées. »

Drwina découvre aussi les genres musicaux des hauts-plateaux comme le bà-gasy. « À l’époque où le reggae ne marchait pas, j’ai intégré quelques groupes de bà- gasy avec lesquels j’ai interprété les chansons de Mahaleo ou de Lolo sy ny Tariny. Quand j’ai joué le rôle de Coco dans le film Dzaomalaza et les mille soucis, j’ai découvert la musique de Njava qui me rappelait la façon de chanter à Diego. D’ailleurs, on m’a dit que ce groupe avait une carrière internationale. Tout cela m’a convaincu que je ne me suis pas trompé dans le chemin que je voulais prendre. »

Fort de ses expériences, il renoue avec la scène. Pari gagné puisqu’il remporte le premier prix au tremplin de l’Alliance Française de Diego en 2017. Armé de sa guitare, il remonte à Tana où il rencontre d’autres musiciens qui lui permettent d’élargir ses connaissances musicales. Sur scène, on le retrouve, par exemple avec le guitariste Anjara Rakotozafiarison : « Ce qu’il fait est nouveau pour moi avec son rock-fusion. Mais finalement, nous avons trouvé un juste milieu en jouant ensemble, preuve que la musique n’a pas de frontière. » Cette énergie positive, Drwina le transmet à travers ses textes. Pas question de parler de misère, il préfère répandre la bonne vibration en parlant des belles choses de la vie, l’amour de la musique et son pays. Comme quoi, l’influence du reggae n’est jamais loin. « Je veux montrer que c’est la nouvelle génération qui doit bouger et faire avancer le pays. Il ne faut pas se contenter de regarder dans le passé. » Quant à son avenir, Drwina sait déjà ce qui l’attend. Un nouvel album pour l’année prochaine, et pourquoi pas une reconnaissance au niveau national et international ?

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