Délestage
2 décembre 2014 - Tribune commentaires   //   1673 Views   //   N°: 59

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Le délestage est une réalité que la population vit au quotidien, pas seulement à Antananarivo, mais dans la plupart des localités desservies par la Jirama. Baisse de productivité, dégâts matériels et colère grandissante des usagers en sont quelques conséquences.

Des décennies de manque de vision de l’État, de mauvaise gestion, de gabegie, et un contexte économique perpétuellement dégradé ont mis à terre la compagnie nationale d’eau et d’électricité. Mais la source de nos maux actuels vient surtout d’un manque de volonté politique, celle de donner à l’énergie, secteur stratégique s’il en est, la place qu’elle mérite. C’est pourquoi le SeFaFi tient à attirer l’attention des dirigeants et de tous les acteurs concernés par l’énergie sur cette évidence : inutile de spéculer sur d’hypothétiques stratégies de croissance tant que ce problème ne sera pas résolu !

D’après le diagnostic du secteur Énergie réalisé en 2012, les dépenses énergétiques représentent 45 % des charges fixes des industries et 25 % des dépenses des ménages malgaches. Seul 1 % de l’ensemble de l’énergie utilisée dans le pays provient de sources renouvelables. 99 % des ménages ont recours

au bois pour la cuisson et 4 % seulement de cette frange de la population ont recours aux foyers économes. Car le bois est une énergie renouvelable s’il est exploité d’une manière durable, en effectuant des campagnes sérieuses de reboisement, à l’inverse des reboisements récréatifs dans lesquels se complaisent ministères et institutions, ou certaines entreprises privées. Ces pratiques ne font qu’accélérer la déforestation, vue la croissance démographique actuelle.

Pour l’éclairage domestique, 81 % des ménages utilisent encore le pétrole lampant – reconnu néfaste pour la santé – et seuls 12 % ont accès à l’électricité (39 % en milieu urbain et 4,8 % en milieu rural) ; ces chiffres suggèrent que 7 % des ménages malgaches vivent encore, au XXIe siècle, à la lueur de la bougie. Or Madagascar importe près de 470 000 m3 de produits pétroliers par an, pour la bagatelle de 400 millions de dollars américains. Dans ce contexte plus qu’alarmant, le développement durable n’est qu’une utopie, un prétexte agité par des politiciens dénués de bon sens qui veulent juste se conformer aux standards internationaux pour engranger les financements…

 

 » 7 % des ménages malgaches vivent encore, au XXIe siècle, à la lueur de la bougie »

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA (SeFaFi)

Observatoire de la vie publique

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