Dagenius : « Quatre siècles de slam comorien »
15 février 2017 - Comores Diaspora commentaires   //   347 Views   //   N°: 85

Bercé par le talent littéraire de son oncle, le poète Mab Elhad, Abdou Kamal-eddine dit Dagenius est un bédéiste et l’un des instigateurs du slam aux Comores. Il a représenté son pays lors de la 7e édition du festival « Slam national » qui s’est tenu en décembre dernier à Tananarive.

Pourquoi le slam ?
J’aime l’art, je pratique différents disciplines artistiques pour m’exprimer. J’ai commencé par le dessin puis je me suis retrouvé dans la poésie. J’écrivais beaucoup quand j’étais adolescent. Et c’est en 2012 que j’ai écrit mon premier recueil de poésie. Quant au slam, ce n’est qu’en 2007 que j’ai commencé à monter sur scène pour déclamer. À partir de là, j’ai suivi des ateliers à l’alliance franco-comorienne de Moroni et créé en 2008 le premier club de slam aux Comores appelé « Slameurs de la lune ». Au début, c’était d’abord pour le plaisir de monter sur scène, mais avec le temps le slam est devenu mon activité première, que ce soit dans mes spectacles ou mes ateliers de formations. J’ai même créé le premier festival de slam aux Comores appelé « Samer au pied de la lune » qui est organisé tout les deux ans. je peux dire que le slam est ma vie.

Comment le slam est-il reçu aux Comores ?
D’abord il faut savoir que la poésie orale est immémoriale aux Comores. Nous n’avons rien amené ni inventé. C’est juste le terme « slam » qui est nouveau dans l’archipel. Le slam comorien remonte aux années 1700 avec Mbaé Trambwé. C’est ce grand griot qui a jeté les bases de l’art oratoire chez nous. À son époque on parlait de « Gnandu » littéralement de « joutes oratoires ». Après, il y a eu le « Mpvandzi Mwendedji », littéralement un poète errant qui échange son talent d’orateur contre des vivres ou un endroit pour dormir, à une époque où le seul moyen d’échange était le troc.

Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos textes ?
Je parle de tout, de la comédie de l’amour, de la haine… mais surtout de la politique. Ce n’est pas de la politique politicienne. Je vis dans un pays où il manque beaucoup de choses. La population souffre de l’indifférence des dirigeants. Mon rôle de slameur est de dénoncer ces injustices.

Des projets ?
Je prévois d’organiser le Printemps des poètes en mars avec Sakara, une association de poètes que j’ai créée il y a deux ans. Ensuite, en avril, je compte sortir mon premier album de slam musical spoke word, que je compte bien jouer à Mada. En décembre, je bouclerai l’année 2017 par une semaine de festival ludique que j’ai nommé « Il était une fois ». Le pari est de faire jouer les trois îles. C’est l’occasion de retourner aux sources de l’enfance via toutes les sortes de jeux pratiqués aux Comores.

Propos recueillis par #MourchidiMoussafiri

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