Christian Sanna : « De Nosy Be avant d’être un métisse »
27 juillet 2018 - Diaspora Hexagone commentaires   //   113 Views   //   N°: 102

Christian Sanna, photographe italo-malgache, est l’étoile montante du monde de la photographie malgache. En juillet 2018, il présentera à l’Institut français de Madagsacar (IFM) son nouveau travail « Moraingy » (art martial traditionnel sakalava), photographié presque entièrement à Nosy Be.

C’est au pays d’Henri Cartier-Bresson et de Robert Doisneau que Christian Sanna, mère malgache, père italien, a vu la lumière du jour, il y a de cela vingt-huit ans. Pourtant, c’est à Nosy Be qu’il passe son enfance, puis à Tana où il fréquente le lycée Français, avant de regagner la métropole en 2009. À son arrivé en France, il entame ses études supérieures par un BTS comptabilité et gestion, suivi d’une licence en sciences de gestion et une année de Master en finance qu’il finit par laisser tomber pour amour de la photographie. « Après quelques années en France, il a fallu se rendre à l’évidence, Madagascar et plus particulièrement Nosy Be me manquaient. Je suis de Nosy Be avant d’être un métisse, un Malgache, un Italien ou un Français. C’est la photographie qui m’a ramené ou qui m’a donné l’excuse de revenir à Madagascar. »

C’est en effet lors d’un voyage à Madagascar qu’il a la révélation. « À mon retour de Mada, je n’arrivais plus à aller en cours de finance. Je passais mes journées à étudier en autodidacte la photographie. De fil en aiguille, je me suis inscrit dans une école de photo, j’ai commencé à montrer mon travail et à exposer mes photographies. » Il boucle ainsi son parcours académique en intégrant l’école de photo ETPA à Toulouse.

Les photographes qui l’inspirent sont innombrables : Alberto Garcia-Alix, Vivianne Sassens, Rob Hornstra, Max Pam, Pierrot Men. Il a un penchant pour le noir et blanc argentique avec une préférence pour le format carré. « J’essaye de m’exprimer à travers une photographie qui se veut à la fois documentaire et artistique, à la fois dans le réel mais aussi dans le rêve. Pour faire simple, je n’ai pas vraiment de genre bien défini, chacune de mes séries photographiques a sa propre écriture. » Ses outils de travail sont divers : un 503CXI et un SWC 903, deux Hasselblad argentique, mais aussi un appareil moyen format panoramique ; le Widelux 1500, et enfin un Robot Royal. Les connaisseurs apprécieront !

Dans ses travaux : Fady Kambana et Moraingy, deux sujets sur Madagascar qui ont déjà fait l’objet de plusieurs expositions comme à Bamako, Toulouse ou Antananarivo. Son second projet sera d’ailleurs exposé à l’IFM. « Moraingy, un art martial traditionnel Sakalava que j’ai photographié presque exclusivement à Nosy Be. Dans ce travail je fais le constat des jeunes de Nosy Be qui, grâce au Moraingy, se construisent une place au sein du village. Face aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer à Nosy Be où le tourisme devient l’activité économique majoritaire et où ils peinent à trouver un équilibre par manque de formation ou d’opportunités. » Une expo qui promet ! Christian Sanna nous réserve d’autres projets qui ne peuvent encore être dévoilés, précisons juste que celui qui lui tient le plus à cœur sera, bien entendu, sur Nosy Be.

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