Chez Fanja : Mais qu’est-ce qu’on mijote ici ?
4 mai 2017 - Sorties commentaires   //   8994 Views   //   N°: 88

Le plus typique des mets malgaches est à l’honneur dans cette petite gargote qui ne paie pas de mine. Rien qu’à l’évocation de son nom, beaucoup salivent déjà. Et pour cause, Chez Fanja à Ampasapito est devenu une institution en matière de « henombyritra » (zébu mijoté).

Les petits restos comme Chez Fanja se comptent par milliers à Antananarivo. Quelques tables, une cuisine exigüe et du riz fumant dans des marmites, le resto propose des plats malgaches entre 2 000 et 3 500 ariary. Ici, pas de cartes mais un tableau noir où l’on peut voir écrit : tripe sauce, soupe « soucril » (phallus de zébu), poisson sauce, etc. Mais à midi, elle affiche complet !

Ses clients sont des habitués. Ceux qui travaillent dans le coin s’y rendent à coup sûr, d’autres sont prêts à faire des kilomètres pour son fameux henomby ritra : « Les gens viennent d’Ivato (20 km de Tana) pour venir manger ici. Ceux qui arrivent de Moramanga (une centaine de kilomètres) s’assurent de passer par ici, la gare routière d’Ampasampito n’étant pas bien loin », explique la maîtresse des lieux Mialy Randrianarisoa.

L’histoire de la gargote remonte en 2000 lorsque les parents de Mialy sont venus s’installer sur cette petite colline à l’Est de Tana. Un emplacement où des petits commerces en tout genre et des box en bois couleur bleu et blanc sont alignés. Le resto de Mialy porte le numéro 49 : « Avant de venir ici, nous avions notre enseigne à Ambodivona ; mes grands-parents ainsi que mes parents étaient tous dans la petite restauration, Fanja qui est en fait une des serveuses était connue de tous et lorsque nous avons déménagé à Ampasampito, le nom est resté ! »

Ouvert de 6 h 30 à 15 heures, Mialy arrive à vendre en moyenne 200 plats par jour à raison de 40 à 45 kilo de riz. Dès la fermeture, le zébu pour le lendemain est cuisiné et mijoté au feu de bois, c’est ce qui fait que la viande en devient si tendre qu’il fond dans la bouche. Pour l’assaisonnement, pas de chichi ! Juste du sel, de l’eau et un peu d’huile – à se demander s’ils n’y mettent pas quelques ingrédients magiques ! « Nous faisons cuire pas moins de dix kilo de viande dans une même marmite pendant plusieurs heures pour avoir cette légèreté », explique celle qui est aux fourneaux.

Les clients apprécient le savoir-faire mais aussi le service qui est rapide. Pour une si petite entité, il n’y a pas moins de dix personnes qui s’occupent de prendre les commandes, de faire le service et d’aider dans la cuisine : « Tous de la famille ! », nous dit-on. C’est bien pour cette ambiance conviviale que ceux qui viennent goûter à la spécialité maison reviennent le lendemain et le jour d’après, sûrs de trouver le henombyritra inscrit sur le tableau noir.

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