Buddha El Taga : Om sweet Om
5 décembre 2017 - Cultures commentaires   //   155 Views   //   N°: 94

Buddha El Taga fait partie des patriarches du rap malgache. Avec ses 23 ans de scène, il ne s’est pas converti dans le rap baby love et préfère de loin rester dans l’underground. Au menu, des beats percutants et des paroles tranchantes pour prôner des messages conscients inspirés des préceptes bouddhistes.

Des paroles crues à l’image d’un rap hardcore allant même jusqu’à l’horrorcore ! voilà comment on peut caractériser le style de Buddha El Taga. « Le rap est une musique de vie. C’est le canal que j’ai choisi pour partager mon intérêt pour la spiritualité et les messages conscients. » C’est de là que lui vient son nom de scène Boudha El Taga – de son vrai nom, Ando Arliva Ramanantsoa. Pourquoi la culture orientale et les préceptes bouddhistes ? Ancien étudiant en sociologie, il reconnaît qu’avoir passé pas mal de temps à analyser les relations de l’homme avec son entourage l’a amené tout naturellement à s’intéresser à la spiritualité. Comme avec sa chanson phare Zen où il parle du monde matériel perçu comme une illusion. Ou encore avec Hafatra fanavotana porteur d’espoir et qui ne veut pas désespérer de l’Homme.

Le tout accompagné de beats tantôt agressifs, tantôt mélodiques, toujours aussi appréciées par la génération 90 et celles qui sont arrivées depuis. Buddha El Taga a donc été très acclamé, et ce ne fut pas une surprise, lors de sa dernière prestation au Dago festival au Kudeta et au jardin d’Ambohijatovo en septembre dernier. Avec sa centaine de titres en poche, deux albums et un EP, sa rencontre avec le rap a été totalement fortuite. « Mon père écoutait de la country, ma mère appréciait la musique des années 60 et mes frères étaient des adeptes de la dance machine. J’ai été influencé par ce qu’ils écoutaient tous jusqu’à ne plus avoir de repères musicales. Heureusement, un jour, on a traîné avec des amis dans un studio où on s’est amusé à dégainer devant le micro. C’est là qu’est née ma passion pour le rap. Mes parents m’ont dit que cela allait me passer mais 23 ans après je suis toujours dans la vibe. »

Depuis ses 15 ans, on l’a vu jouer dans des groupes comme Future of Generation, Kapoka sy daroka ou encore dans des collectifs comme Kva M’dona, Tangala mainty et Olon’ny tena fanahy, jusqu’à ce qu’il décide de construire une carrière solo en 2005. « Un point commun rassemble ces groupes, ce sont tous des adeptes du RAP – Rien A Prouver. Aujourd’hui, le monde du rap est très diversifié. Pour ma part, même étant père de famille, je continue à en faire et ça ne sert ni à gagner de l’argent ni à plaire. Je laisse la justesse des mes mots faire leur travail. » Le rappeur sage – ou pas ? – compte aujourd’hui sortir un nouvel album Metamorphosis qui parle du changement dans une vie. En tout cas, dans la sienne, un point n’a pas changé. Toujours dans l’underground et il y restera.

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