Blackpearl : Pirates et lyriques !
5 août 2019 - Cultures commentaires   //   452 Views   //   N°: 115

Vieux loups de mers ou moussaillons ? Ils auront en tout cas bientôt passé une décennie sur les eaux agitées de la scène rock. Blackpearl sont ces vétérans du metal lyrique venus rappeler aux nombreuses jeunes formations que leur art est une passion autant qu’un jeu qui les amuse depuis 2010.

Blackpearl est une affaire de famille et de vieux amis d’enfance. Sparrow (guitare rythmique) et Pearl (chant) sont frères et soeurs, Lita (guitare lead) et Njaka (basse) sont frères, Miahy (claviers) a partagé les bancs de l’école avec Lita, lui-même étant lié par alliance avec Sitraka (batterie). Ils sont peut-être aujourd’hui dans l’ombre de valeurs montantes telles que Nisea, Storm ou Alina, mais les Blackpearl regardent avec tendresse l’évolution d’une scène qu’ils ont contribué à construire. « On est ravis d’avoir fait partie des instigateurs de l’étincelle qui a fait émerger ces talentueux groupes symphoniques. Leur maturité est respectable, certains ont même monté leur propre chorale ! », se réjouit Lita. « Ce style de musique exige de la finesse, et ils la traitent avec sérieux. On est toujours contents quand ils nous approchent ou nous demandent un coup de main. »

Blackpearl est une troupe de grands gamins assumés qui n’auraient pas fait tache aux côtés de Peter Pan, mais surtout, ces corsaires de la scène se passionnent pour la saga Pirates des Caraïbes. « On voulait créer sur ce thème, on a choisi le metal lyrique qui l’illustre parfaitement », explique Pearl. En grands enfants, ils apprécient par-dessus tout de mélanger différentes formes d’art : « narration, chant, musique, théâtre, tout est utilisable et utilisé, et la piraterie vestimentaire en fait partie. »

En bientôt dix ans d’existence, les Blackpearl continuent de naviguer à vue. Et en navire, sans destination fixe, nos pirates aiment à explorer toute contrée. Leurs influences sont donc aussi diverses que ses membres. Des bandes originales des films d’animation Disney, au neo-psychedelia, en passant par le hard rock de Led Zeppelin et d’AC/DC, l’expérimental jazzy d’Exivious, et même le rap, on pourrait affirmer qu’ils écoutent de tout. « Et je n’oublie pas Bakomanga, qui fut mon modèle vocal », ajoute Pearl.

Trio à l’origine avec Pearl, Njaka et Sparrow pour capitaine, ils ont longtemps été catalogués comme « tribute band ». Blackpearl a pourtant bel bien ses créations propres qu’il a rarement jouées. C’est ainsi qu’ils se font plus souvent remarquer pour les concerts hommage, tels que celui aux Finlandais de Nightwish, à l’Hôtel de l’Avenue, en février de cette année. « Au début, nous voulions seulement nous faire plaisir, vivre l’enfance qu’on n’a pas vraiment vécue. »

Enfances hors du commun obligent, les Blackpearl ont – pour certains – eu la musique comme cours de récréation. « Les autres gosses avaient des jouets, j’avais Cyndi Lauper que j’imitais dans toutes ses frasques, même quand elle s’est rasée la tête », se remémore Pearl avec nostalgie. « Moi et Njaka étions souvent confinés entre les murs, on nous laissait peu fréquenter d’autres enfants ». Le monde imaginaire fut leur exutoire. « On canalisait à travers ça, et on a pu prouver à nos détracteurs, dont certains dans nos propres familles, qu’on valait mieux que les on-dit qui pleuvaient dans notre dos. » Remportant le concours Talenta sy Kanto en 2010, ils savourent une petite revanche : « Heureusement, tout notre entourage n’était pas malintentionné, notre mère nous a toujours soutenus, y compris matériellement », explique Pearl.

Systématiquement sollicité grâce à ce départ prometteur, Blackpearl saura se faire remarquer d’un festival à l’autre. « En 2012, Talenta sy Kanto nous ont rappelés pour leur best-of. On y a joué La Flûte enchantée de Mozart, à notre sauce, le public était ébahi », se souvient Lita. La même année, le groupe organisait le concert Après la Tempête à l’Alliance Française d’Antananarivo avec Dark’Inside, My Funeral Song, Set et Allkiniah. « On a composé tous ensemble le titre United, pour l’occasion, au bénéfice de la création d’un studio. » Et la suite ? Comme toujours « hissez haut », rien n’est clairement prévu, mais le navire rentre de temps en temps au port pour mieux reprendre le large ! Ni tout à fait old school ni jeune groupe, les Blackpearl continuent de tracer leur route.

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