« Benja Kely 4 » verra-t-il son rêve se réaliser ?
22 mai 2019 - Cultures commentaires   //   212 Views   //   N°: 112

Dans ce volet 4, « Benja Kely » poursuit son bonhomme de chemin… Mais ce chemin-là semble parsemé d’embûches, voire de malheur. Retour sur le film.

Sorti le 3 avril dernier, le volet 4 de l’histoire de Benja Kely ne réserve aucune grande surprise. Et pourtant, l’affiche comporte quelques promesses avec ce jaune solaire vaporeux qui contraste avec la Haute Ville plongée dans une atmosphère assombrie, plombant le paysage chaotique du « bas quartier » de La Réunion Kely décliné en sépia. Le dénouement heureux s’éloigne au fur et à mesure que progresse le film. Le destin de Benja Kely semble scellé à jamais.

Le réalisateur et producteur, Tovomanana Rabarison, semble vouloir réserver le meilleur pour la fin et entretient le suspens à fond. Une fin sur laquelle il laisse planer une grosse nébuleuse.

Benja Kely, dont le premier volet est sorti en 2016 s’inspire d’une histoire vraie. « L’idée de ce film est née, d’une idée de clip pour le chanteur Big MJ. Nous avons gardé ce titre pour le film. On a développé l’histoire et ça a donné ce film », explique-t-il.

Benja Kely raconte le destin d’un jeune homme jeté dans la gueule ouverte du quartier défavorisé de La Réunion Kely et nous plonge dans la dure réalité des gens qui y vivent. Chaque jour est un combat pour survivre mais l’espoir d’une vie meilleure les fait tenir. Ç’aurait pu être la force de ce film si le réalisateur ne s’était pas contenté d’une « copie servile de la réalité ». Car son film a un potentiel énorme, le réalisateur aussi (ses films et clips en témoignent).

On sent ainsi un certain essoufflement qui se manifeste par le déplacement du « focus » sur les personnages secondaires, le personnage principal étant piégé dans une situation figée. Il continue à faire face aux adversités de la vie, rattrapé par la réalité. Ses problèmes se suivent mais ne se ressemblent pas. Un réalisme qui devient pesant car il ne permet pas toujours d’apprécier « la puissance évocatrice » de la réalité une fois transcrite à l’écran. C’est sa capacité d’émotion qui le sauve – ou pas.

« Je joue beaucoup avec les émotions car chez nous le drame et la comédie sont les deux genres susceptibles d’attirer l’attention du public », concède le réalisateur. Ce dernier use, tout au long de son récit, d’un pathos à fort impact pour entraîner le public à devenir plus qu’un simple spectateur tant la proximité avec le personnage principal est étroite.

« Benja Kely 4 » de Tovomanana Rabarison, avec Elysée Rafaralahy, Findra Randria, fiction, 1 h 48 mn, Maki-Prod, 2019.

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