Aurora The Revival : Et la tendresse ? Bordel !
9 janvier 2018 - Cultures commentaires   //   492 Views   //   N°: 96

N’en déplaisent aux gueulards hirsutes, associer pop et rock n’est pas forcément contre-nature. C’est ce que les cinq membres d’Aurora The Revival revendiquent après avoir mis pas mal d’eau (de rose ?) dans leur rock. « L’aurore renvoie au froid et à la désolation, enrobée de lumière colorée et belle, comme notre musique. » Un peu de douceur dans ce monde de brutes.

L’Aurora The Revival ancienne manière, tout le monde s’en souvient, ce n’est pas si ancien (un an et demi), c’était ce mélange de métal et de post-hardcore explosifs à s’en faire saigner les oreilles. Mais depuis, Sabrina (chant et claviers), Ruddy et Ryoka (guitares), Eric (basse) et Colin (batterie) ont délibérément changé de registre. Une prestation au dôme RTA en juin 2016 marque le moment décisif de cette transformation, car c’est là que Sabrina rejoint leurs rangs. Ils sont encore à fond dans leur ancien style. « Ils reprenait les titres de groupes comme Motionless in White. Je me suis proposée pour coacher leur chanteuse de l’époque mais de fil en aiguille, j’ai fini par prendre le micro à plein temps », raconte-t-elle. De formation classique, Sabrina est issue d’une famille de musiciens et a apporté la connaissance héritée de ses parents en termes de chant lyrique. Elle est donc pour beaucoup dans l’orientation musicale du nouvel ATR. Sans compter qu’Eric et Colin, les propres frères de Sabrina, ont flirté un temps avec la pop pure et dure. Ca aide aussi.

Bien loin des premières influences Sunless Rise, le style musical du groupe s’est enrichi d’autres inspirations comme Jena Lee, Evanescence ou encore Mage 4 et Ambondrona. Plus que du calcul, leur migration vers le pop-rock est née de leurs propres expérimentations : « On a repris Hafatra de Green, à notre façon et les retours ont été très positifs, au point d’atteindre la première place des charts dans l’émission Distortion sur RDJ. Une démarche plus commerciale qu’avant, on est les premiers à l’admettre, mais volontaire », affirme Ruddy. Pour eux, il est clair que le public malgache, par tradition culturelle, est imperméable aux « growleries » et autres éructations de zombis : « Les gens éteignaient systématiquement la radio à l’écoute des sons saturés et des chants thrash de l’époque où nous avions deux vocalistes ».

ATR c’est aussi une apparence scénique soignée, entre le glamour-gothique de sa chanteuse et les cravates blanches des garçons. S’il se range sous la bannière pop-rock, le groupe n’en a pas moins gardé son goût pour l’esthétique ténébreuse : « Ce qui est noir n’est pas forcément l’œuvre du mal mais le préjugé est encore tenace ici à Mada ». Les compositions sont bilingues, l’anglais pour honorer leurs origines métaleuses et le malgache pour ne pas se couper du public local. Autour de leurs mélodies accrocheuses, ils développent des thématiques assez romantiques, comme les hasards de l’amour dans le très abouti Fitia setrasetra : « Une femme et un homme qui se plaisent mutuellement peuvent aussi passer à côté du truc si lui se refuse à l’approcher et si elle le laisser filer sans se prendre la tête. »

Le groupe croit en son nouveau pari : en quatre prestations scéniques, au Cemdlac en juillet 2016 ou au Gymnase de l’Université d’Antananarivo en juin 2017, il a toujours enchanté son public. Après avoir partagé la scène avec la crème du métal gasy (Allkiniah, Sasamaso, Resurrection) au Tony Club 67 Ha en octobre dernier, il laissera parler sa facette plus tendre et mélodieuse lors d’une soirée Saint-Valentin chez Okalou, en février. Ce n’est plus de la rage, c’est de l’amour !

Contact
Aurora The Revival :
+261 34 77 975 28 (Sabrina)

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