Antso Bommartin : Ca passe ou ça clashe !
5 septembre 2017 - Médias commentaires   //   1414 Views   //   N°: 92

Depuis novembre dernier, elle suscite des vagues de commentaires hautes comme des tsunamis sur la Toile. La clasheuse Antso Bommartin fait un malheur avec ses vidéos qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit d’écorner le quotidien malgache.

Sur Facebook comme sur sa chaîne Youtube, elle a plus de 10 000 abonnés et followers, et cela depuis neuf mois seulement. Elle, c’est Antso Bomartin, une clasheuse du Web, qui ne manque pas d’humour et qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de gratter ses contemporains dans le sens contraire du poil. Récemment, elle a publié sur les réseaux sociaux un(e) clash(e) étalant les clichés et énormités qu’on peut tirer des films malgaches qui sont presque tous des navets, il faut bien l’admettre. Elle y énumère des travers qui ne font pas forcément rire ceux qui sont dans le milieu mais que grand nombre de personnes, même les amateurs de cinéma malgache, admettent comme bien vues.

Elle a aussi fait une vidéo critiquant ouvertement les femmes malgaches qui ont vécu à l’étranger et qui, avec une attitude hautaine, ne se considèrent plus comme Malgaches, sans être pour autant devenues européennes. Des podcasts comme ça, elle en a beaucoup et ne cesse d’en publier régulièrement de nouveaux. Chacune de ses vidéos affiche pas moins de 5 000 vues.

Si Antso Bommartin fait un tabac auprès des internautes, c’est parce qu’elle sait appuyer là où il faut mais d’une manière subtile et drôle. « On peut rire de tout, surtout quand on est ouvert d’esprit et cultivé », avance-t-elle. En effet, ses vannes ne relèvent en rien de la méchanceté mais du simple plaisir du bon mot et de l’impertinence. On remarque qu’elle évite de dire « vous » pour un « nous » inclusif dans chacune de ses diatribes.

Elle assigne à son humour des limites de bon sens : « Entre handicapés, on peut user de l’humour noir pour vanner le handicap. Entre Betsileo on peut moquer un Betsileo, entre catholiques un catholique, entre Noirs un Noir sans que personne ne s’en offense, c’est lorsque tu sors de ce cadre que ça devient dangereux », explique-t-elle. Elle raconte avoir fait une fois un dérapage en publiant une vidéo sur les ex, dans laquelle elle confiait qu’un des siens avait les cheveux crépus. « Les réactions ont fusé, quelques-unes très virulentes. Il faut faire gaffe avec le communautarisme. » Soit la fameuse phrase de Desproges : « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ».

C’est pourquoi elle écrit au préalable les scripts et les textes de ses vidéos où on la voit jouer plusieurs personnages. Elle va jusqu’à prévoir les éventuelles réactions et commentaires du public en y mettant déjà sa réponses ! « On peut rire de tout, il faut juste savoir comment s’y prendre », avance-t-elle. Il n’est donc pas étonnant qu’elle se soit abstenue jusqu’ici à parler de politique et de religion, pour éviter les réactions incontrôlées. « Les gens sont tellement passionnés qu’ils perdent leur ouverture d’esprit dès que tu touches à ces sujets. Mais bon, on en parle déjà pas mal, je trouve, à quoi bon en rajouter ? » Sans jurer qu’elle ne les abordera pas « quand les choses seront tellement présentes dans le quotidien qu’il sera impossible de les occulter », souligne-t-elle. Une tonne de rire en réserve.

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