Allons z’enfants !
1 juin 2015 - LifeStyle commentaires   //   2064 Views   //   N°: 65

On peut désavouer le nationalisme et son pendant ridicule, le chauvinisme, sans pour autant perdre de vue cette petite chose qui tient au chaud au cœur et qui fait qu’on se sent Malgaches malgré tout, malgré les vicissitudes du quotidien… 

Lieutenant-colonel Rakotonirina  « Pour les femmes et la patrie » 

Tricoter, récurer, repasser ? Très peu pour elle ! A 22 ans, le lieutenant-colonel Rakotonirina Miarisoa Barnia est la première femme à intégrer l’Armée de l’air malgache après avoir suivi trois ans de formation militaire et mécanique aéronautique en Provence, en France. Elle en revient avec une licence professionnelle en Maintenance en système pluri-technique option aéronautique . Pour cette jeune femme, entrer dans l’Armée, et surtout comme pionnière, permet de remettre les pendules à l’heure sur le prétendu « sexe faible ». « C’est un honneur pour moi de partager les valeur militaires : le sens de l’honneur, de la rigueur, du travail et du patriotisme. Servir l’Armée, c’est faire le métier le plus noble qu’on puisse faire pour son pays », confie la jeune militaire. Entre elle et l’Armée, c’est une histoire qui a débuté dès l’enfance. Née d’un père militaire, elle n’a pas eu de mal à se décider à arborer le treillis plutôt que le tailleur. « C’est ma manière à moi de démontrer que les femmes ont une place à se faire dans un monde qui reste fondamentalement formaté pour les hommes. Nous y apportons nos qualités et de cela nous devons être très fières. » Patriote ou féministe ? Les deux, mon général ! 

Manohiray Randriamananjo « Notre heure de gloire ! » 

Après ses films Cinémahantra, Afropower et Color Bar, son nom apparaît au générique du film d’animation Rough life de Sitraka Andriamahaly, qui vient d’être primé Zébu d’or aux dernières Rencontres du Film Court en avril, en tant que directeur artistique et producteur. A travers le cinéma, Manohiray Randriamananjo a le sentiment de travailler pour son pays, dans un domaine où beaucoup, certes, reste à faire. Sans pour autant se dire nationaliste ou chauvin, car l’art n’a pas vraiment de frontières. « Je n’irais pas jusqu’à mettre des malabary ou des satroka penjy pour présenter mes films à l’étranger, mais je suis toujours satisfait quand le cinéma malgache fait parler lui au-delà de nos frontières. Nous avons tellement peu de raisons d’être fiers en général, vu la situation économique du pays, que quand quelque chose fait l’admiration des autres, on ne peut que s’en réjouir ! » C’est dans cette optique qu’il a ouvert un groupe sur Facebook appelé Gasy Sahy manofy (Malgache qui ose rêver) où les facebookeurs locaux sont invités à partager leurs rêves « Je veux échapper à cette résignation ambiante qui veut toujours tout tirer vers le bas. Rêver c’est croire en son pays et espérer qu’un jour, on aura notre heure de gloire ! »

Pages réalisées par #HildaHasinjo et #AnnickSedson 

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