Allkiniah : Sept fois plus de pouvoir
7 janvier 2019 - Cultures commentaires   //   247 Views   //   N°: 108

Porte-étendard du « power metal » dans la capitale, le septuor magique n’en finit plus de gravir les échelons depuis sa formation. C’est enfin l’heure de l’album, prévu pour ce début d’année, après de longues années de galères et d’instabilité au niveau du personnel.

Il faut avouer que les sept musicos semblent avoir choisi le bon moment pour faire parler d’eux en grandes pompes. Joss et Johary (guitares), Michael (chant), Mihary et Hajasoa (claviers), Ntsoa (basse), Tahiry (batterie) constituent aujourd’hui la formation « définitive » d’Allkiniah. Au fil de nombreuses prestations live, clips et collaborations, le groupe semble finalement s’approcher de la consécration. Son secret : faire cracher de la mélodie par paquets de dix aux instruments, à grand renforts d’orchestrations concoctées par un duo claviers-guitares renversant. Un mélange qui donne envie de lever le poing en l’air et d’agiter sa tête, le regard chargé de conviction (?).

Pas étonnant quand on sait qu’ils sont influencés par des maîtres du genre comme Stratovarius, DragonForce ou Galneryus. Loin de se restreindre au power metal, le métal symphonique, voire progressif d’Angra ou de Dream Theater n’est jamais très loin. « On écoute aussi du death mélodique comme Arch Enemy, Children of Bodom, et même le hard-FM comme Bon Jovi, ou la variété comme Zay et Ambondrona ! » Le septuor tananarivien admet qu’il ne se privera pas de booster encore un peu le caractère choral de sa musique : « On a dans l’idée de faire intervenir un, voire des chanteurs et chanteuses invités sur nos morceaux, histoire de faire encore mieux ressortir nos couleurs symphoniques. »

Et de la symphonie, il en faut pour évoquer les thèmes apocalyptiques et fantastiques de leurs chansons telles que « Andro Farany » ou encore « Hamakivaky ny Lanitra ». Les membres du groupe ne sont néanmoins pas limités : « On ne parle pas que de la fin des temps, on parle aussi de ce qu’il y a avant, de notre quotidien sur terre, et même d’amour. » Initié en 2012, Allkiniah est issu de la rencontre entre différents musiciens évoluant dans les mêmes cercles du monde du rock. « Avec des formations comme Dark’Inside, My Funeral Song, Set, on s’est souvent entraidés et finalement chaque groupe a fini par se stabiliser. »

Au-delà de leurs textes, parfois assez généraux, les Allkiniah sont avant tout une troupe de petits virtuoses. Leur duo de guitaristes manie les montées/descentes de manche comme des Dieux, leur vocaliste impressionne inévitablement par ses envolées dans les aigus. Des compétences musicales dont ils ont pu faire la démonstration sur des scènes variées, des plus confidentielles comme le Cemdlac, en décembre 2015, au très prestigieux théâtre de verdure d’Antsahamanitra où ils ont été parmi les invités du groupe Mage 4 (dont le chanteur, Ken, a d’ailleurs collaboré avec eux sur « Fitia Mandrakizay »), le 26 août de cette année. N’oublions pas non plus le non moins fameux Dôme RTA, où ils ont partagé la tête d’affiche avec Iniah, le 14 octobre.

Le groupe espère graver sur disque un témoignage concret de leur talent, d’ici la fin de ce mois de janvier, en plus de mettre les bouchées doubles en termes de concerts. Dans un contexte où le public s’ouvre petit à petit aux musiques moins « faciles » : « Les auditeurs sont moins hermétiques, ils sont disposés à apporter des critiques constructives, sans se forcer à apprécier, ils écoutent. Même les radios diffusent parfois du métal en dehors des émissions spécialisées, il y a quelques années ç’aurait été impossible », explique Joss. Et Michael d’ajouter : « De toute manière, il faut éduquer le public pour changer les mentalités, certains préjugés continuent d’exister. » Next ?

Contact : 033 17 946 47

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