African House : Comme à la maison
14 octobre 2019 - Sorties commentaires   //   42 Views   //   N°: 117

Non loin des hauteurs de la capitale, cette bâtisse pour le moins singulière ne passe pas inaperçue. African House a été pensé comme un carrefour culturel où se croisent musique, marqueterie, restauration et histoire des patrimoines malgaches.

Sa situation géographique – Faravohitra – a rapidement motivé Noro Ramboarison et Edgar Ravahatra, les maîtres des lieux, à y élargir leurs activités : « Ce territoire a une histoire. Il nous fallait compléter ce qu’on pouvait y faire : nous avons donc ajouté à la musique, la restauration et la marqueterie, la salle d’exposition, de spectacle et l’hébergement. » Au final, c’est un vivier culturel qui a déjà accueilli des artistes tels que la plasticienne Myriam Merch ou l’artisan tailleur de granite Philippe Manet.

Noro Ramboarison a été principalement motivée par la marqueterie, cet art qui, à ses yeux, « produit les plus belles interprétations d’images à partir du minimum de bois » : « C’est un savoir-faire sans école, transmis de père en fils et nous voulions braquer les projecteurs dessus. Nous avons donc approché tous les acteurs de ce métier et nous nous efforçons de les faire connaître. » L’African House, ouverte en 1998, était à la base un atelier servant aussi de showroom. Il se situait, jusqu’à il y a tout juste deux ans, à Ambohijanahary Antehiroka, C’est là qu’ils découvrent le bâtiment et commencent à rénover le nouvel emplacement à Faravohitra.

Dans une logique complémentaire, l’African House cumule les expressions culturelles. « Le concept Hazo vazo nous est venu car il illustre le travail parallèle du bois et de la musique », explique Edgar Ravahatra. C’est dans cet esprit de convergence culturelle que le premier véritable événement de l’African House a eu lieu, le 21 mars dernier, avec le Jeudi Mitsangana (jeudi debout), une soirée consacrée à promouvoir la pratique des repas consommés debout (le vary mitsangana ou riz debout). Les plus savoureuses spécialités malgaches y étaient à l’honneur dont l’incontournable vary amin’anana (riz aux brèdes). Cette première édition fut accompagnée d’un concert-hommage à Doc Holliday, un des groupes de rock phares des années 80.

Le premier Jeudi Mitsangana a ainsi réuni une quarantaine de personnes. « Malgré la pluie, tout le monde a joué le jeu.On a servi, entre autres, du velouté de légumes bien chaud sur fond de bonne musique, avec Edgar Ravahatra et Marc Demelemester, ancien guitariste de Johnny Hallyday. » Leur ambition est d’instaurer un Jeudi Mitsangana bimensuel, à compter de septembre.

Quant au métier de la marqueterie, l’African House en fait la promotion en hommage à la ville d’Ambositra. « C’est une capitale du travail du bois, nous avons gardé sa tradition exigeant de n’utiliser que 2,5 mm d’épaisseur une fois le matériau découpé », rappelle Noro Ramboarison. Cet art se distingue du puzzle par son fond et ses pièces de couleur qui viennent s’y poser pour créer le tableau. Le tableau vient ensuite s’installer sur du contreplaqué ou du bois ordinaire. « Les œuvres que nous avons réalisées à l’African House incluent une quinzaine d’interprétations des tableaux de Vincent Van Gogh ; elles ont déjà été présentées en France, à Auvers-sur-Oise, sa dernière demeure. » Parmi les interprétations produites par l’African House, on compte des portraits d’artistes nationaux et internationaux, tels que Bakomanga, Olombelo Ricky ou même Jimi Hendrix. Pour un tableau de marqueterie, il faut opérer un agrandissement. « Je prélève les couleurs à main levée pour faire une seule pièce, et agrandir au bon format avant le découpage. Ensuite, j’utilise un calque pour le dessin. Chaque planche est définitive. J’aplanis la surface plane et il reste ensuite à ajouter les couches de vernis et la cire pour obtenir le côté satiné. » Noro Ramboarison et Edgar Ravahatra n’excluent pas d’ajouter d’autres activités à leur arc « tant que cela a une visée artistique ». 

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