Au creux des dunes immaculées de sarodrano, à quelques encablures de saint-augustin, andrea accueille ses hôtes dans la plus grande simplicité, respectant l’harmonie fragile entre l’homme et la nature.
La presqu’île de Sarodrano, flèche de sable blanc pointée vers Tuléar, s’étire langoureusement entre la mangrove et les récifs coralliens. Ici, la nature s’offre sans apparat : une mer transparente, bordée d’un sable lumineux. Le bruit du ressac et le chant du vent. C’est tout. Et c’est beaucoup. Pourtant, l’endroit pourrait paraître hostile, sec, venteux, sans arbres presque, sans ombre. « La nature est aussi somptueuse que difficile ici : il faut déplacer les bungalows au gré des caprices des dunes, se battre pour trouver de l’eau douce, affronter des vents souvent violents », explique Andrea, lucide. « Nous vivons au rythme des éléments. Ce sont nos maîtres ».
Andrea a la mer dans le sang. Sarde d’origine, il a grandi à Gènes, la reine des mers. À Sarodrano depuis plus de 20 ans, il veut « vivre des relations vraies et simples avec les hommes et avec la nature ». Point d’hédonisme ou d’écologisme politique dans sa philosophie. Juste le choix d’être au plus bas de l’échelle des besoins pour aller à l’essentiel : pas d’électricité, pas d’eau courante, un unique cabinet de toilette, au confort sommaire, des bungalows de bois et de feuilles. Pour ses convives qui se ressourcent dans ce coin de paradis, Andrea et les hommes du village pêchent jour après jour les fruits de la mer. Les femmes révèlent ensuite leurs talents en cuisinant tout en finesse calmars, poulpes, thon et autres barracudas.
Dans cet espace hors du temps, les relations humaines sont dépouillées du superflu. Andrea, toujours entouré de son équipe, fidèle et soudée, noue des liens personnels avec chacun de ses hôtes.

Grand lecteur, il partage avec plaisir sa culture et ses convictions. Et sous le ciel infini, autour d’un carpaccio de poisson à se damner, les soirées sont sans fin, bercées par les récits de pirates et de négriers, de naufrages et de trésors engloutis dans la baie voisine. Espace préservé, Sarodrano est un lieu de passage depuis plusieurs siècles, où se sont croisés et se croisent encore pêcheurs vezo et aventuriers européens, pour le meilleur et pour le pire. Andrea et les villageois s’unissent ici pour proposer le meilleur de la mer.
(article publié dans no comment magazine n°25 - Février 2012 ©nocomment éditions)


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