Le photographe Youry Bilak est l’un des rares à avoir eu l’autorisation d’approcher les Mikéas. Un peuple bien plus « premier » que primitif, souligne-t-il. Une rencontre qui a bouleversé sa vie.
C’est un peu le hasard, et un heureux concours de circonstances, qui ont conduit Youry Bilak et sa compagne Gaby à croiser la route des Mikéas en août dernier. Un peuple dont ils ignoraient l’existence jusqu’à leur arrivée à Madagascar. Mais comme lui s’intéresse aux minorités, notamment les Houtsouls d’Ukraine à qui il a consacré une importante exposition photographique, il ne pouvait que vouloir rencontrer ce peuple qu’on dit très peu ouvert sur le « monde extérieur ». « Par chance, mon travail de photographe a intéressé le responsable qui gère le parc naturel où vivent les Mikéas. Il nous a donc aménagé, à titre exceptionnel, un rencontre qui n’a duré qu’un jour, mais l’une des plus belles de ma vie ».
Rencontrer les Mikéas signifie des heures de marche dans cette brousse sèche qui s’étend de Toliara à Morombe. « Une forêt où le vert est absent, où à la place de mousse et de fougères, on ne trouve que du sable et des épineux », relève Youry Bilak. C’est là, au beau milieu de la nuit, qu’ils atteignent un campement habité par une trentaine de Mikéas, rassemblés autour d’un feu.

« Faly mahitaky anareo rahay » : l’interprète leur transmet les paroles de bienvenue que leur adresse le nahoda be, le chef du campement. Torse nu, et non pas entièrement nus comme le veut la légende, ils sont train de faire rôtir du hérisson. Nomades de la forêt, les Mikéas ne doivent leur survie qu’à la chasse au petit gibier et au ramassage des baies et du miel sauvage. Quelques chèvres également qu’ils élèvent et troquent contre du riz. Dans ce milieu hostile où l'eau est pratiquement absente - quelques mares réduites à rien à la saison sèche – ils boivent à la racine du baboho, un tubercule qu’ils détectent à la brindille en fouillant le sol sablonneux et dont il recueille le précieux suc.
« Personne ne pourrait survivre dans un tel environnement, mais eux y parviennent, s’étonne Youry Bilak. Je crois que c’est dû à l’étonnante communion qu’ils entretiennent avec leur milieu et qui leur permet d’en tirer toutes les ressources » On les dit notamment très experts en plantes médicinales (saha-mangoky).

Le contact est chaleureux, bien loin du mythe du Mikéa méfiant, voire hostile à toutes formes de communications. Mais on a dit tellement de choses sur le « peuple des épines »… Pour certains, ce sont des Vazimbas, les derniers représentants du peuplement originel de Madagascar : des êtres dotés de pouvoirs surnaturels, dont celui de se rendre invisible, et très versés en grigris de toutes sortes ! Pour d’autres, ce sont des Pygmées semblables à ceux du Gabon ou du Cameroun. Mais à leur taille, tout à fait dans la moyenne nationale malgache, on voit que ce n’est pas le cas.

En fait, ce sont tout simplement des Masikoros, l’ethnie de la côte. Des paysans qui ont décidé, il n’y a pas si longtemps que ça, de retourner à la forêt, pour échapper aux corvées royales et à toutes formes de tutelle administrative. Des insoumis, des rebelles en quelques sortes, et c’est bien ce qui les rend si attachants au regard de Youry Bilak. « Ce ne sont pas des primitifs, mais des gens qui ont choisi de revenir aux valeurs premières, avec une richesse d’âme vraiment incroyable. Tout ce à quoi chacun de nous aspire, finalement ».
Pour autant, les Mikéas sont en voie de disparition, sans doute pas plus de 2 000 aujourd’hui. La culture sur brûlis (hatsake) a considérablement réduit leur aire ramenée à pas plus de 70 hectares de forêts vierges, dix fois moins qu’il y a vingt ans. « Peut-être qu’en l’espace d’une génération il n’y aura plus de Mikéas, et mes photos sont autant un hommage qu’un cri d’alarme », confie Youry Bilak.
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Contact : http://www.yourybilak.com


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Rabesolo Trio au CGM Publié le 19 Mai 2012, 23.13
Le Joel Rabesolo Trio s’est produit au Cercle germano-malgache le 16 mai.
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Comments
N' oublie jamais qu il faut de tout pour faire un monde :)))
oui, tu l a dit. on a beau courir après le développement, seul un faible pourcentage des malgaches sont comme vous et moi, le reste ressemble plus ou moins a ceux de ces photos....
Bonne continuation !
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