Morceau de bravoure accompagnant le moindre événement de la vie malgache, le kabary est aujourd’hui enseigné dans des écoles et pratiqué par des rhéteurs professionnels. Une façon d’être autant que de parler.
Art oratoire par excellence, le kabary (discours) est indissociable de la vie culturelle malgache. Naissance, mariage, enterrement, il n’est pas un événement de la vie familiale, heureux ou malheureux, qu’il n’entoure de sa solennité. Puisant dans le vaste patrimoine des ohabolana (proverbes) et des hainteny (dictons), il distille une sagesse populaire dont la tradition semble se perdre dans la nuit des siècles (le terme même de kabary viendrait de l’arabe kabar). Capable de subjuguer l’auditoire, un bon mpikabary (maître du discours) n’est pas pour autant qu’un « beau parleur » : il doit aussi faire preuve d’un certain nombre de qualités humaines pour imposer sa parole, comme la maturité, le respect, la modestie.
Bref, être mpikabary ne s’improvise pas, c’est même devenu un métier à part entière qu’on enseigne dans certaines écoles. C’est le cas de l’Association des orateurs malgaches, Fikambanan’ny Mpikabary Malagasy (Fimpima), qui fête cette année ses 40 ans d’existence. « De plus en plus de jeunes s’intéressent au kabary et veulent en faire leur métier », constate Hanitriniaina Andriamboavonjy, sa présidente. Une évolution qui touche également, et de plus en plus, les femmes. « Dans les temps anciens, seul le doyen ou l’aîné de la famille pouvait être rhéteur, car il était considéré comme le sage et le mieux expérimenté. Au XIXe siècle, la tendance s’est inversée et les femmes ont commencé à pratiquer le kabary. » Aujourd’hui, même les enfants sont autorisés à faire des kabary, mais dans des circonstances bien précises, pas trop solennelles, comme l’ouverture d’une fête de famille.

Malgré toutes ces évolutions, le mpikabary n’en respecte pas moins certaines règles dans sa façon de procéder, avec successivement l’entrée en matière (hiakku) qui demande l’attention de l’auditoire, le « respect » qui demande l’autorisation d’être le porte-parole, sans oublier les hommages, les salutations ou les voeux. « Un vrai kabary ne se lit pas, il est appris par coeur tout en se présentant comme une discussion ouverte avec le public », précise Hanitriniaina Andriamboavonjy. Le discours a aussi tendance à traîner en longueur car il est dans la tradition malgache de tourner longtemps autour du pot, signe de respect et de délicatesse, avant d’annoncer la couleur. Bref, une façon d’être et de communiquer à la malgache qui fait même l’objet de CD traduits en français et en anglais pour les étrangers désireux de s’y initier…
Contact : 033 14 227 77 / http://fimpima.awardspace.com


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Rabesolo Trio au CGM Publié le 19 Mai 2012, 23.13
Le Joel Rabesolo Trio s’est produit au Cercle germano-malgache le 16 mai.
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formation qui compte maintenant en ses rangs Jax à la basse, en |
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