Le Savika Tour porte à travers le pays l’antique tradition betsileo du Tolon’omby. Une « tauromachie-chorégraphie » imprégnée de ferveur envers l’animal où le sang ne coule jamais. Leçon de vie ?
Le Savika, ou Tolon’omby, est un pilier de la culture betsileo dans la région d’Amoron’i Mania. Souvent répertorié « tauromachie malgache », il est assez mal connu des citadins dont la relation au zébu se limite trop souvent à une pâle brochette grillée au fond de l’assiette. C’est pourquoi l’association Mania Area a organisé le 29 mai, à Bevalala, la toute première édition du Savika Tour. « Nous avons choisi le Savika, un symbole fort du Betsileo, car il a toute sa place dans le patrimoine malgache », explique Tanjona Rakotomarolafy, responsable de l’association.
Au-delà du divertissement, le Savika met en avant de nombreux référents sociaux et culturels tant au niveau des hommes que de l’animal. Il faut admettre que la relation qu’entretient le Malgache en général - et le Betsileo en particulier - avec le zébu, est impressionnante. « L’omby est omniprésent dans la vie du Betsileo, commente Tanjona Rakotomarolafy. Circoncision, naissance, mariage, enterrement, exhumation… c’est un animal de sacrifice dont la possession marque le pouvoir, la prospérité et la richesse ».
Le Savika est ainsi la représentation concrète de l’admiration que le Betsileo porte à son zébu. L’affronter relève d’une joute rituelle faisant intervenir toutes les techniques de combat que l’homme est capable d’inventer pour dominer son environnement.
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Le lutteur, appelé mpisavika, entre dans l’arène, ceint uniquement d’un pagne. Il est quasiment nu face à l’omby et c’est à mains nues, toujours, qu’il défie l’animal. L’objectif n’est pas de mettre le zébu à mort, mais de s’agripper à son cou, à ses cornes ou à sa bosse, et de s’y accrocher de longues minutes, en résistant aux ruades et aux coups de sabots furieux de l’animal.
Être mpisavika est un héritage qu’on se transmet de père en fils chez les Betsileo. Les techniques de combat sont soigneusement tenues secrètes d’une famille à l’autre. Les pères les enseignent très tôt à leurs enfants avec cette fonction éducative évidente : apprendre à dominer pour mieux respecter. « Une initiation où se forge l’éducation de toute une vie », estime Tanjona Rakotomarolafy. Le Savika Tour 2011, qui a débuté dans la capitale, rejoindra Akadinondry Sakay, Tsiroanomandidy et Fianarantsoa.


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Rabesolo Trio au CGM Publié le 19 Mai 2012, 23.13
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