Avec ses huit siècles d'existence, le fanorona s’impose comme le jeu national malgache par excellence. Un jeu sans équivalent à l’extérieur et lié, dès l’origine, aux arts divinatoires…
À Madagascar, tout le monde joue au fanorona. Aussi bien les écoliers dans les cours de récréation que les adultes qui savent tirer parti de n’importe quel bout de trottoir pour installer le lakapanorona, le plateau de jeu. La partie, qui ne dure pas plus de quinze minutes, est abondamment commentée par les passants. Un rituel typiquement malgache pour un jeu de société qui, à vrai dire, est sans équivalent ailleurs ! La prise de pions, par exemple, est unique au monde : ce n’est ni le saut du jeu de dames, ni la substitution des échecs, ni le retournement des pièces façon othello… les pions sont en fait capturés par approche ou par éloignement, ce qui intrigue toujours un peu les néophytes étrangers.
C’est en pensant à eux qu’Eris Rabedaoro a entrepris d’écrire, en français, une encyclopédie du fanorona en trois volumes, dont le premier est déjà édité par le Petit Futé. Un travail remarquable d’érudition qu’il a justement intitulé Le Livre des Dieux, car le Fanorona, nous apprend-il, a fort à voir depuis toujours avec les choses du ciel… « Si la tradition orale le fait remonter au temps d’Andrianamponga (entre 1320 et 1340), les contes (Angano) le rattachent au mythe d’Ibotity sy Rapeto qui auraient créé le fanorona en guise de plan du ciel ».
Comme pour le jeu de go en Asie, la plupart des anciens souverains étaient férus de fanorona. Ils s’en servaient comme initiation à la stratégie de guerre, mais aussi comme d’un moyen de divination : le vainqueur d’une partie y trouvait un présage de réussite pour ses entreprises futures ; s’il la perdait, il renonçait à ses projets.
À noter que les pierres dans lesquelles sont traditionnellement fabriquées les vato (pions) existent seulement aux environs de Manakara et Mananjara. « Des archéologues en ont pourtant retrouvé des échantillons à Jérusalem. De là à imaginer que des marchands arabes aient pu rapporter le fanorona en Orient, il n’y a qu’un pas », estime Eris Rabedaoro.
La variante la plus répandue est le fanoron-tsivy. Deux joueurs s’affrontent sur un diagramme composé de neuf colonnes verticales et cinq lignes horizontales. Chacun dispose de 22 pions, le but étant de capturer ou d’immobiliser ceux de l’adversaire. C’est l’Ady, la bataille proprement dite, avec une philosophie très particulière, puisque le vaincu dispose d’une seconde chance de se rattraper avec le Vela qui succède à la bataille. Dans ce match ultime, il retrouve ses 22 pions alors que son adversaire n’en a que cinq… Si, malgré cet avantage, il perd de nouveau, il est soumis à un gage, le plus souvent, lécher le centre du plateau, dit forin-daka. Une façon bien malgache de régler les conflits. À recommander aux plus hautes instances internationales ?


|
Rabesolo Trio au CGM Publié le 19 Mai 2012, 23.13
Le Joel Rabesolo Trio s’est produit au Cercle germano-malgache le 16 mai.
Outre son répertoire habituel, à mi-chemin entre jazz, rock et tsapiky, la
formation qui compte maintenant en ses rangs Jax à la basse, en |
Download Video: MP4, WebM, Ogg
HTML5 Video Player by VideoJS
Developped by no comment et Copyright © 2012 no comment® Madagascar Contact • Tous droits réservés
Comments
S'abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.