Pour avoir un enfant, le moyen le plus sûr est encore de se rendre sur la colline sacrée d’Ambohimanga. Quelques cailloux jetés dans l’interstice d’une roche et le tour est joué. Enfin, presque…
Située à 21 km de la capitale, la colline sacrée d’Ambohimanga est un de ces hauts lieux de l’histoire que le visiteur ne se lasse pas de parcourir. Résidence d’Andrianampoinimerina à la fin du XVIIIe siècle, elle recèle d’importants vestiges du Rova (la ville royale), ainsi qu’un ensemble de lieux sacrés où les Malgaches viennent toujours se recueillir pour prononcer des vœux (voady).
Le rocher d’Ambatomiantendro, la « colline qui pointe vers le ciel », est l’un de ceux là, et sans doute le plus visité. On dit que ce promontoire était l’endroit favori du roi Andrianampoinimerina qui venait y jouer au fanorona, ce jeu de pions traditionnel dont le « damier » est toujours visible, gravé dans le rocher. Selon la légende, cette pierre sacrée (vatomasina) a un pouvoir exceptionnel : qui fait un vœu devant elle multiplie ses chances de le voir se réaliser. Traditionnellement, cela concerne les femmes qui désirent avoir un enfant. Pour cela, elles doivent jeter, à bonne distance, sept cailloux dans deux petits trous disposés dans la roche : à gauche pour avoir un garçon, à droite pour avoir une fille.
« Le chiffre 7 est considéré comme sacré dans la tradition, explique Milisoa, une des guides du site. En jetant les cailloux un par un, elles doivent penser très fort à l’enfant qu’elles désirent ». Si plusieurs cailloux entrent dans le trou, ce qui est rare, elles les ramènent chez elles et attendent que leur vœu se réalise. Une fois que l’enfant est né, elles reviennent au rocher pour y déposer des offrandes, du miel notamment, ou y réaliser un sacrifice de bœuf ou d’oie. Avec le temps, ce rituel s’est généralisé et n’importe qui aujourd’hui peut tenter sa chance au « jeu du caillou ». Comme cet étudiant venu demander au rocher que sa demande de stage soit acceptée.

A l’est du Rova se trouve un autre lieu sacré. Il se présente sous la forme de deux bassins creusés dans la roche qui servaient jadis aux bains royaux – on dit que seules de jeunes vierges étaient autorisées à les remplir d’eau. Ici, le rituel consiste à jeter des pièces de monnaie dans l’un des bassins. Si le vœu se réalise, les personnes ne manqueront pas de ramener des offrandes, en l’occurrence des poissons vivants. Un système très équilibré puisque les pièces récupérées dans les bassins servent généralement à nourrir… les poissons.


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Rabesolo Trio au CGM Publié le 19 Mai 2012, 23.13
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