Chaque mois, dans sa rubrique Soatoavina, Sylvain Urfer se penche sur un fait de société à Madagascar. Il analyse les valeurs, décrit les blocages, interroge les comportements pour tenter de construire une réflexion capable d’aider chacun d’entre nous à mieux comprendre le pays et à mieux y vivre avec les autres.
Il n’est de société sans discrimination, quelle qu’en soit la forme. À Madagascar, le système des castes en est l’illustration vivace, même s’il est de bon ton d’en nier l’existence. Dans la structure sociale traditionnelle, on distinguait trois castes : les nobles (andriana), les hommes libres (hova) et les esclaves (andevo). Les appellations varient, les nobles étant appelés hova chez les Betsileo, mais les relations entre castes étaient les mêmes. Aux nobles le pouvoir, les honneurs et le respect ; aux hommes libres les responsabilités, l’argent et les arts ; aux esclaves, le travail manuel et la totale disponibilité à leurs maîtres.
Le schéma ne fut pas rigide, il va de soi. Après Radama II (1861-1863) et en dépit de la primauté des reines successives, la réalité du pouvoir échappa aux andriana pour passer aux premiers ministres hova, dont l’inamovible Rainilaiarivony de 1865 à 1896. Quant aux esclaves, ils n’existaient que par leur maître, étaient voués au seul travail et ne disposaient d’aucun bien personnel. S’il se trouve encore des nostalgiques pour revendiquer une spécificité de l’esclavage à Madagascar, qualifié de « familial », l’ensemble des historiens s’accorde pour dire que la pratique était incompatible avec le respect des droits de l’homme !
L’esclavage à Madagascar fut aboli en 1896, la reine Ranavalona II ayant, dès 1877, affranchi les Mozambiques, esclaves importés de la côte orientale d’Afrique. Mais les discriminations subsistent toujours. En Imerina surtout, la plupart des esclaves (sauf les hova asservis pour dette, jusqu’au remboursement de celle-ci) avaient le teint noir et les cheveux crépus, les andriana et les hova se distinguant généralement par la peau claire et les cheveux lisses. D’où l’ambiguïté du terme Mainty (noir), aujourd’hui : qualifiant la population au teint foncé, il désigne implicitement les descendants d’esclaves.
Aussi n’est-il pas surprenant, dans une société particulièrement sourcilleuse sur les origines de chacun, que les mariages inter-castes soient rares et systématiquement combattus par les familles concernées, en particulier sur les Hautes terres – ce qui fragilise ces unions. Et les discriminations restent vivaces, alimentées par des comportements et des manières de parler propres à chaque caste, certes imperceptibles pour l’étranger, mais évidents pour tout Malgache.
Mais tous n’en sont pas convaincus. Le 8 juin 2010, le Conseil des droits de l’homme de l’Assemblée générale des Nations unies, dans un rapport sur Madagascar, écrivait : « Le système de caste existe, mais il n’implique pas la pratique de discrimination fondée sur l’appartenance à telle ou telle caste. Pour preuve, nombreux sont les mariages des personnes issues de castes différentes. En conséquence, il n’est pas approprié d’instituer des mesures spécifiques d’éradication d’une discrimination qui n’existe pas1. » Les préjugés ont la vie dure…


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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