Née en 1984, Haingoniony Rakotoarivony, est cofondatrice de l’agence D-Cliq Photography, à Tsaralalàna. Elle exposera à l’espace no comment® du 10 septembre au 10 octobre 2011.
« Je suis allée à Mahitsy un bon matin. Je me dirige vers le marché et voilà que je découvre une scène à laquelle je n’avais jamais assisté : un abattage de zébu. J’ai commencé à shooter… du début à la fin, jusqu’à ce que l’animal devienne cette viande qu’on va vendre au marché… »
« Dans le feu de l’action, je n’ai pas réalisé ce qui était en train de se passer. Les cris du zébu, le sang qui coulait… tout ce qui m’importait était de prendre ces photos pour témoigner. Un peu comme ces photos de guerre où tu ne te poses pas de question. Tu shootes ce que tu vois. »

Haingoniony Rakotoarivony
Depuis Le bœuf écorché d’un certain Rembrandt, on sait qu’un morceau de barbaque sanguinolent peut porter le public à des sommets de répugnance ou de délectation esthétique, selon les lieux et les époques.
Il nous apprend qu’il peut y avoir une odeur de la peinture, comme il y a ici, avec ces clichés de Haingoniony Rakotoarivony, une odeur de la photographie. Comme Rembrandt, elle dissèque son sujet d’une manière ultra réaliste, au scalpel et sans trembler. « Un peu comme ces photos de guerre où tu ne te poses pas de questions ; tu shootes ce que tu vois », note-t-elle.
Bien sûr, fouiller les entrailles d’un zébu ne paraît plus aujourd’hui ni si brutal ni si obscène qu’à l’époque de Rembrandt. Car depuis, il y a eu bien des charniers et bien des fosses à génocide au contact desquels notre œil a trouvé à s’aguerrir. Pour autant, la bidoche à l’air n’est jamais une chose à laquelle on s’habitue. Elle nous ramène toujours à ce que nous sommes au tréfonds de nous-mêmes. Comme ces « vanités » de l’époque de Rembrandt, elle nous invite à contempler notre propre mortalité.
Un sujet bien grave, en somme, pour une jeune femme de 27 ans qui avoue « fonctionner d’abord à l’instinct, et se poser des questions après ». « Je n’avais jamais assisté à un abattage de zébu. Je suis restée du début jusqu’à la fin, jusqu’à ce que l’animal ne soit plus que cette viande que l’on va vendre au marché. C’est choquant, mais ce n’est que la réalité ».
Avant de se tourner vers la photographie, Haingoniony a d’abord pratiqué la peinture, notamment sous forme de portraits à l’aquarelle. En 2010, elle a fondé l’agence D-Cliq, à Tsaralalàna, avec le photographe Andriamparany Rainavozanany. En mars 2011, elle donné sa première exposition à l’Is’Art Galerie, intitulée « La jeunesse ».
Contact : (+261)33 07 003 03
2001 : Premier amour artistique, la peinture.
2003 : Coup de foudre certain avec l’art de la photo.
2011 : Exposant à Sar’nao à l’IFM.
Exposant à l’espace no comment® en octobre.
Exposant au Louvre en novembre.


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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