Les mangroves sont menacées par la montée des océans. Un phénomène d’autant plus que préoccupant que ces « forêts de bord de mer » sont essentielles à la vie des populations riveraines.
La mangrove est une des grandes richesses environnementales du pays, occupant à elle seule quelque 325 560 ha le long des côtes et à l’embouchure des fleuves. Elle développe un écosystème unique en son genre auquel s’intéresse de près le professeur Vololoniaina Jeannoda, spécialiste en botanique à l’Université d’Antananarivo. « Les mangroves procurent des ressources importantes aux populations de la côte, tant en ce qui concerne la pêche que l’exploitation du bois », relève la scientifique qui a organisé en septembre dernier à l’Institut français de Madagascar (IFM), avec le Dr Roger Edmond, une importante conférence sur ce sujet.

Les palétuviers sont les principales espèces végétales de la mangrove. A la différence des arbres poussant en terre, ils sont confrontés à la vase, soit un milieu très pauvre en oxygène. Pour respirer, ils sont donc contraints à une curieuse gymnastique avec leurs curieuses « racines-échasses » qui poussent… au-dessus de l’eau. Des sortes de « tubes à plongée » qu’on aurait tort de prendre pour des branches.
Il n’existe que huit espèces de palétuviers à Madagascar. « C’est bien moins qu’en Asie du Sud-Est et cela est dû au mouvement des vagues qui est plus brutal ici. La mangrove a en effet besoin pour se développer d'une eau calme et dénuée de houle », commente la botaniste. Le système racinaire des palétuviers n’en est pas moins très efficace pour absorber l'énergie des vagues, faisant de la mangrove une excellente barrière entre l'océan et la côte, particulièrement pendant les cyclones.
Le palétivier est abondamment utilisé par les populations riveraines. D’abord comme bois de chauffe, car beaucoup moins cher que le bois de forêt, même si plus corrosif. Dans la construction, c’est son caractère imputrescible qui est recherché, notamment pour les bateaux. Dans les maisons, on l’utilise surtout pour les piliers. Malgré tout, le palétuvier ne peut pas remplacer complètement le bois traditionnel, en raison de son diamètre beaucoup trop réduit.
Les feuilles d’espèces comme l’afiafy servent traditionnellement de plantes médicinales contre les fièvres ou le paludisme. De même, l’espace nu des mangroves (appelé sirasira) est un terrain privilégié pour l’aquaculture, l’exploitation de crevettes par exemple, et l’extraction de sel. Bref, un écosystème complet, mais qui n’en est pas moins menacé d’extinction. « L’élévation du niveau de la mer due au changement climatique peut lui être fatale ou la contraindre à reculer vers l’intérieur des terres. C’est d’autant plus préoccupant que la mangrove joue un rôle important contre le changement climatique : en stockant du carbone dans son sol et ses arbres, elle lutte contre l’effet de serre », fait valoir Vololoniaina Jeannoda.

La protection de la mangrove est de plus en plus confiée aux communautés locales, comme c’est déjà le cas à Nosy-Be, à Tuléar ou dans le Menabe. Elles s’occupent notamment du reboisement lorsque l’exploitation des palétuviers a été trop intensive. Un espoir pour la mangrove.
Contact (Vololoniaina Jeannoda) : +261 32 02 414 88


|
Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
Download Video: MP4, WebM, Ogg
HTML5 Video Player by VideoJS
Developped by no comment et Copyright © 2012 no comment® Madagascar Contact • Tous droits réservés
Comments
S'abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.