Figure majeure du salegy des années 90, Mily Clément s’était fait un peu oublier ces dernières années. Après une décennie passée à l’étranger et quelques bleus au coeur, il choisit de faire son come-back.
Son concert au Café de la Gare, le 1er décembre, a convaincu les plus sceptiques. Mily Clément, l’enfant chéri du salegy des années 90, est bel et bien de retour. Un come-back qui lui aura pris plus de dix ans, après son long exil en France au début des années 2000, accompagné de pas mal de galères. « Au pays j’étais habitué à remplir des stades ; là-bas j’ai dû apprendre à n’être qu’un inconnu et à jouer dans des salles plus qu’à moitié vides… »
Une absence tellement longue que la plupart des fans ne croyaient plus à son retour. Jusqu’à l’année 2009 où on le voit réapparaître, prêt à tout pour compter à nouveau dans le paysage musical. « La motivation de rebondir, je l’ai toujours eue. Ce qui me manquait, c’était un bon manager qui puisse m’éviter les galères financières », confie-t-il, comme en écho à l’un de ses premiers succès, « Tsy moramora mitady vola » (sans argent).
Né à Antsiranana, Mily Antoine Clément est issu d’une longue lignée d’artistes : grand-père accordéoniste, grand-mère chanteuse, il est tout tout de suite happé par la musique. Adolescent, il fabrique lui-même ses premières guitares à base de pamba (kapokier) et se fait la main sur les premiers rocks qui arrivent à Madagascar, notamment le « Don’t let me Down » des Beatles qu’il joue toujours avec dévotion.
Arrivé à Tana en 1987, il retrouve son compatriote Jaojôby qui est alors animateur à la radio. Ses rencontres avec Charles Morin Pôty puis avec Tôty sont également décisives. C’est d’ailleurs ce dernier, séduit par sa voix singulière, qui l’incite à composer et l’aide à produire son premier album, le mythique Banja Malalaka, sorti en 1993. Entre-temps, il est parvenu à se faire une solide réputation d’« ambianceur » en participant aux Jeux des Îles de 1990 et au Concours panafricain de la chanson. Une star du salegy à l’égal des plus grands, capable d’allonger des tubes du calibre de « Akory kabary », « Mandrora mitsilany », « Mandifera » ou « Mahavavy ». Le temps de sortir un deuxième album en 1996, puis c’est la décision de partir en France et le trou noir des années 2000.
Aujourd’hui, Mily Clément ne se fait pas d’illusion : reconquérir la scène malgache ne se fera pas du jour au lendemain, mais il est bien déterminé à y parvenir, quitte à tout reprendre à zéro, comme un débutant. « Avoir connu la célébrité et voir les portes se refermer devant soi, ça fait toujours mal. Des fois je ne gagne rien en jouant dans les cabarets, mais je m’accroche… » Poussé par Jaojôby, son frère spirituel, il a néanmoins sorti en 2011 l’album des retrouvailles, une superbe galette bourrée de salegy, de reggae, de bigine, de sud’af et de zouk. Un album qu’il a choisi d’intituler sobrement Fiainana (La vie). La vie qui laisse des bleus, la vie qui permet toujours d’espérer.
Contact : (+261) 32 71 742 28
(article publié dans no comment magazine n°24 - Janvier 2012 ©nocomment éditions)


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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