Le rebelle d’Antsirabe aime son pays plus que tout, mais n’est pas dupe de ses dérives. La politique, l’écologie, l’environnement… tous les thèmes de société le bousculent et le révoltent. « Mamay » dit-il souvent - c’est chaud, ça craint !
«Je ne fais que passer dans ce monde, et je rêve d’une génération malgache consciente et libre ». Auteur, compositeur, interprète, Mafonjah dresse un tableau sans complaisance de ses compatriotes. Comme le ferait un docteur, en appuyant là où cela fait mal. « Il faut stopper ce complexe que nous avons à nous tirer nous-mêmes une balle dans le pied à chaque fois que l’on avance ! Retrouver le respect mutuel et l’ouverture d’esprit, nos rites et notre culture ». Mafonjah ne badine pas avec les mots. Chaque phrase est réfléchie et sonne comme un couplet. Quelquefois sans verbe, ni conjugaison, peu importe, seul le message compte. Il se reconnaît très sévère vis-à-vis de la société malgache, presque au point de regretter de ne pas être né à l’époque royale.
L’envie de transmettre… le Mafonjah « messager » l’a ressentie très tôt. Fils unique de parents fonctionnaires, il refuse déjà d’interpréter les chansons des autres, ce qui le propulse assez vite dans le monde du hip-hop et de la création verbale. C’est à l’âge de 13 ans qu’il sort sa première chanson « Tonga masika » (Devenir méchant). Titre déclencheur pour la suite de sa carrière. Après différents groupes dans l’esprit hip-hop et reggae (Canibal, Gastaf et Mafia), Mafonjah connaît son premier gros succès auprès d’un large public avec le groupe de variété Unik (2002-2004) qui s’exporte jusqu’en France.
Si aujourd’hui tout Antsirabe, du simple pousse-pousse au notable local, salue chaleureusement Mafonjah, c’est qu’il y a dans la ville d’Eau une certaine fierté à avoir cet artiste rebelle comme porte-parole. Antsirabe, il y est né et s’y sent naturellement chez lui. Il profite sur place de sa famille, de ses potes et surtout de ses incontournables musiciens (Shagg à la basse, Mirana à la batterie et Njiva à la guitare). En préparation de son second album qui sortira bientôt (« Quand Jah décidera du moment propice »), Mafonjah se réfugie comme un loup solitaire en compagnie de son chien Snow Kaya Kayous dans sa petite cabane du centre-ville. Une sorte de « home sweet home studio ». Dans ce cocon, il peaufine, décore et mixe ses prochaines chansons. Lors de son dernier concert à l’Alliance française d’Antsirabe, la salle archibondée était à l’image de son évidente popularité. En attendant ce nouvel opus, Antsirabe fredonne sans se lasser « Gasikar’t… oh oh oh… Gasykar’t… »
(article publié dans no comment magazine n°24 - Janvier 2012 ©nocomment éditions)


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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