Quand le plus olé olé des combos malgaches décide de rendre hommage à Cesária Évora, cela ne peut donner qu’un moment fort en pasión et en sentimiento. Musique pour aficionados, bien sûr.
La nouvelle s'est répandue comme une traînée de maracas. Luna de Plata, combo malgache 100 % latino (ou l’inverse ?), envisage de rendre hommage à la chanteuse cap-verdienne Cesária Évora, la « Diva aux pieds nus » décédée le 17 décembre dernier, à l’âge de 70 ans. Un pari un peu fou, mais bien à la mesure de cette formation qui, depuis huit ans, ne cesse d’élargir son répertoire à tous les rythmes issus du jazz et de la musique afro-cubaine. Et qu’est ce qu’un morceau comme Sodade (Nostalgie), immortalisé par la Diva, sinon du latin jazz miraculeusement rendu à l’Afrique ?
Ceux qui les ont vus sur scène le 15 décembre dernier, lors du cabaret Walking Jazz organisé par la radio RLI au Kudeta Urban Club, les savent dans une forme excellente. Les seuls sur la place à filer le mambo, la rumba, la bossa-nova, le cha-cha-cha avec un tel luxe de détails… le déhanché à la Tito Puente absolument sans défaut ! Un quintet d’une redoutable efficacité porté par la voix de tête de Vola Ranarivelo, avec tout ce qu’il faut de saxophone (Jules), de guitares (Mamy), de claviers (Navalona) et de percussions (Tams) pour être sûr de ne jamais manquer de rythmes.
« Plata, argent en espagnol, a la même signification que mon prénom, le choix du nom du groupe s’est donc imposé tout naturellement », explique la jeune femme. Flash-back. C’est une passion commune pour la langue de Cervantès (de Pablo Neruda ?) qui les amène à se rencontrer, adolescents, à la section culturelle espagnole du Lycée Gallieni. Puis à l’université d’Ankatso où Vola est inscrite en civilisation latine. Puristes dans l’âme, ils se spécialisent d’abord dans l’interprétation de chants folkloriques d’Amérique centrale et du Sud, certains remontant à l’époque des Aztèques. Musique pour anthropologues, au moins… pas encore de quoi brûler les parquets !
Heureusement, ils ne vont pas tarder à se lâcher avec la découverte de rythmes beaucoup plus contemporains. Comme la salsa qui leur explose littéralement à l’oreille en écoutant l’immense chanteuse cubaine Celia Cruz (La vidas es un carnaval). Leur destin est désormais scellé, c’est le latin jazz, un pied dans la musique brésilienne (bossa-nova, samba) et l’autre dans le jazz afro-cubain (mambo, salsa). Un territoire où tous les mélanges sont permis, y compris avec le tango argentin, le paso-doble espagnol ! « Nos choix sont très métissés à l’image de l’Amérique latine, mais nous ne nous exprimons que dans la langue d’origine », prévient Vola. En clair, pas de contre-façons douteuses. Que du pur, que du vrai ! Perfectionniste jusqu’au bout des ongles, le groupe n’a sorti à ce jour que deux albums : Reencarnación (2006), un medley d’oeuvres populaires des années 40 à 50 et Pasión y sentimiento (2008), à la thématique plus émotionnelle, comme l’indique le titre. Mais pourquoi pas un troisième album cette année, si l’hommage à Cesária Évora tient toutes ses promesses ? En espagnol comme en portugais, il y aura toujours des fans pour danser dessus.
Contact (Vola Ranarivelo): 034 11 075 87
(article publié dans no comment magazine n°25 - Février 2012 ©nocomment éditions)


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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