« Valy é ! » est l’une des interjections les plus courantes à Diego. L’équivalent de « hep taxi » dans les grandes métropoles. Sauf qu’ici le taxi est un pousse-pousse, et le conducteur un homme attelé à sa carriole.
Il est 8 heures du matin, l’animation est déjà intense dans les rues de Diego. Pour Soatsialy, une fois le bol de soupe avalée, c’est l’heure de se rendre chez son patro (prononcer « patrou », diminutif de patron) où il doit charger deux grands sacs de friperies pour les déposer au tsena (marché). Une formalité pour ce valy (conducteur de pousse-pousse) dont le petit gabarit – 50 kg à tout casser - est néanmoins capable des plus grandes prouesses.
Se faufiler entre les voitures, contourner un embouteillage, prendre les raccourcis les plus incertains, Soatsialy se flatte d’aller plus vite qu’un taxi, même si ses reins sont soumis à rude épreuve depuis dix ans qu’il fait ce métier. Courbé sous le soleil, le dos ruisselant de sueur, la mâchoire crispée par l’effort, il est clair que ce n’est pas un job de tout repos, mais à 43 ans bien sonnés, c’est tout ce qu’il a trouvé pour faire subsister sa famille. « Les temps sont durs, confie-t-il, mais en gagnant de 3 000 à 5 000 ariary par jour avec mes courses, j’arrive à faire bouillir la marmite et mes deux filles vont à l’école ». Du pain gagné à la sueur de son front, il peut le dire.

À peine le temps de s’arrêter pour se rafraîchir à une borne-fontaine qu’il entend déjà un implorant « valy é, valy é ! » Un client manifestement pressé qui lui demande de déposer des jerricans d’huile et des sacs de sucre à Ambalavola, un quartier situé à 4 kilomètres de la ville. « Il y en a bien pour 200 kg, mais avec l’expérience, ça ne pèse pas plus lourd qu’une plume », plaisante Soatsialy. Des montées ou des descentes, il ne sait trop ce qu’il préfère : « Les descentes ont l’air faciles, mais il faut avoir le dos solide pour retenir la carriole ».

Il est 11 h 30, le temps de regagner le « garage » où il va pouvoir manger et s’octroyer une petite sieste dans son pousse-pousse. Avec son patro, il règle l’emploi du temps de l’après-midi : encore trois chargements de ciment, de bouteilles et de farine à livrer au marché. Ensuite, il sera libre de rentrer chez lui, vers 20 heures s’il n’y a pas de courses supplémentaires. Heureusement que demain est un dimanche. Soatsialy se promet de ne rien faire de toute la sainte journée, même pas tirer un sac à commissions. Il ne faut pas pousser, quand même…


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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