Voatiry (voiture) ne désigne pas en malgache une automobile, mais une charrette tirée par des chevaux. La conduire, c’est ce que fait Pierrot Ramorasata, tous les matins bien avant le lever du soleil, pour approvisionner les marchés.
À 3 heures du matin, il est déjà debout dans sa cour d’Anosizato, en train d’atteler ses deux canassons. Si sa charrette ne lui fait pas de misères, il peut espérer atteindre le marché d’Anosibe sur les coups de 4 heures. À cette heure, la place est encore vide et Pierrot peut attendre tranquillement en buvant le café avec ses amis charretiers qu’un client lui demande de transporter ses marchandises. La plupart du temps jusqu’au marché des 67 Hectares où le client en question a un étal. Avec éventuellement des passagers, mais pour Pierrot cela ne fait pas de différence : la course est à 200 ariary par paquet comme par personne.
« Les clients viennent d’eux-mêmes, il n’y a donc pas trop à se bousculer entre charretiers, chacun est sûr d’avoir sa petite course ». Un univers un peu rude – en hiver, la nuit on se les gèle – mais où tout le monde se connaît, les charretiers comme les marchands. Une espèce de « corporation de la nuit », silencieuse mais active, qui permet aux « citadins du jour » de toujours trouver leurs marchés approvisionnés. « Ils dorment, nous on bosse », résume laconiquement Pierrot en se réchauffant les mains à son vieux réchaud.
Père de quatre enfants, il est dans le métier depuis six ans. Sa charrette, il l’a fabriquée lui-même, tout comme les sept collègues qui partagent avec lui son itinéraire. « On peut transporter jusqu’à une tonne de marchandises », explique Pierrot. Enfin en gros, car la pesée se fait au coup d’œil. Le plus délicat est la bonne disposition des sacs pour que le convoyage ne soit pas périlleux. Un chargement mal équilibré et c’est la charrette qui risque de se renverser, entraînant les chevaux avec elle. Un scénario auquel Pierrot ne préfère pas penser car ça coûte une fortune, ces bêtes-là ! La pluie aussi est sa hantise : la charrette glisse, s’embourbe et dans les descentes, c’est encore plus dangereux. Bref, un boulot qui n’est pas de tout repos, mais qui lui permet de rentrer jusqu’à 10 000 ariary dans les meilleurs jours. « La plus grande partie de ce qu’on gagne sert à nourrir les chevaux mais on ne peut pas leur reprocher », soupire-t-il.

Avec la concurrence des taxi-be, il reconnaît que les temps sont devenus plus durs. Mais comme une charrette est capable de passer par les chemins les plus tortueux, ce n’est pas demain qu’ils le mettront au chômage. S’il avait assez d’agent de côté, il se verrait bien camionneur ou conducteur de bus. Juste histoire de voir ce que cela fait de rouler avec des chevaux-vapeur…


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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