Le distributeur de programmes satellitaires veut élargir sa base d’abonnés par des bouquets plus adaptés aux budgets malgaches. Une stratégie que le nouveau directeur général annonce déjà fructueuse …
Parabole Madagascar s’est lancé cette année dans la course au bouquet le moins cher. Est-ce le signe que la nervosité gagne le milieu de la télévision payante ?
Parabole Madagascar s’est lancé cette année dans la course au bouquet le moins cher. Est-ce le signe que la nervosité gagne le milieu de la télévision payante ?
Je ne parlerais pas de nervosité mais, en ce qui nous concerne, de redynamisation de nos objectifs, dans un environnement il est vrai de plus en plus concurrentiel. Avec l’arrivée de l’opérateur Blueline, fin 2010, son offre de télévision à 10 000 ariary par mois, via l’ADSL, a forcément fait bouger les lignes. Canalsat y a répondu avec son bouquet à 19 900 ariary, et Parabole Madagascar en avril a lancé le bouquet Pika qui propose, pour le même prix, 17 chaînes de télévision et une vingtaine de radios et services interactifs. C’est le jeu normal de la concurrence, et tant mieux si cela favorise le choix du consommateur.
L’arrivée de Blueline ne vous inquiète pas ?
Nous, c’est le satellite et eux le câble ! Plus précisément ce qu’on appelle le « triple play » : la combinaison de l’internet, de la téléphonie mobile et de la télévision numérique. Un courant très en vogue en Europe depuis trois ou quatre ans, mais si l’on tient compte que pour accéder à la télévision, il faut aussi payer le prix de la connexion à l’ADSL, on voit que l’offre satellitaire reste finalement très concurrentielle…
Clairement, Canalsat reste votre gros concurrent ?
Nous lui reconnaissons la place qui est la sienne sur le marché des programmes satellitaires, celle de leader à Madagascar et dans la zone océan Indien. Il est arrivé quelques mois avant nous et profite évidemment de l’énorme synergie de notoriété du groupe Canal+. Mais nous sommes là, bien décidés à mener notre rôle de challenger ! Depuis 1999, Parabole n’a cessé de gagner du terrain, jusqu’à atteindre en 2010 plus de 6 000 foyers abonnés, soit 40 % de part du marché. La fin 2010 et le début 2011 ont été cependant plus difficiles, car c’est à ce moment que nous avons commencé à ressentir les effets de la crise de 2009. Disons qu’on a fait un peu de surplace... Bref, c’était vraiment le moment pour nous de faire bouger les choses, poussés par le vent de la concurrence.
D’où votre nomination à la direction générale ?
Je suis là pour redonner un nouveau souffle à Parabole, rebooster les équipes, la communication, et surtout développer les nouveaux produits que le public attend. Tout en restant dans la continuité de l’histoire de cette maison que je connais bien, puisque j’en ai été co-gérant pendant trois ans comme représentant de la partie mauricienne (NDLR, groupe Thierry Lagesse), aux côtés de Monsieur Gilbert Biny, notre partenaire malgache.
Que représente la composante mauricienne dans Parabole Madagascar ?
Nous sommes à 50 % dans le capital. Il faut savoir qu’à l’origine, en 1998, Parabole est une société mauricienne, à capitaux uniquement mauriciens. Aujourd’hui, le groupe Parabole est également implanté à la Réunion et à Mayotte et distribue plus de 82 chaînes et services francophones sur la région, soit une audience de 300 000 téléspectateurs par jour. Le groupe est d’ailleurs dans le top 100 des entreprises de l’océan Indien. C’est donc toute une dynamique de groupe qui peut s’exercer à Madagascar, renforcée par l’expertise de Monsieur Gilbert Biny dont le nom a longtemps été lié à celui de la RTA.
Un partenariat nécessaire, car le ticket d’entrée est cher sur le satellite…
Pour la diffusion de nos chaînes, nous louons deux parts sur Eutelsat W2, le satellite qui arrose l’Afrique de l’Est et la zone océan Indien, ce qui représente un coût de 4 millions d’euros par an. Sans parler de notre régie à Paris qui centralise les arrivées d’images et les renvoie sur le satellite. C’est évidemment une somme considérable, et un investissement qu’on a mis cinq ans à rentabiliser. Cela dit, en faisant mieux que la moyenne des opérateurs, puisque l’amortissement est en général de 7 ans… Le problème est que l’espace n’est pas illimité sur ces deux parts : on ne peut pas y mettre tous les programmes que le public souhaiterait recevoir. Avec la cinquantaine de chaînes de télévision que nous distribuons actuellement sur Madagascar, nous atteignons presque la limite. Il fallait donc trouver d’autres solutions.
Comme la reconversion à la haute définition ?
Cela fait deux ans qu’on a commencé à changer gratuitement tous nous décodeurs pour apporter cette qualité haute définition (HD) à nos abonnés. Mais pas seulement pour le confort d’images : la haute définition permet également une meilleure compression et donc la possibilité de mettre plus de chaînes sur un même espace. Nous avons sur notre bouquet deux chaînes HD offertes à nos abonnés sans supplément de prix, dont Eurosport HD lancé en juillet dernier, mais on espère encore ajouter une ou deux chaînes d’ici la fin de l’année.
Parabole Madagascar en chiffres
Créé en 1999
Filiale du Groupe Parabole (1998)
6 000 foyers abonnés
40 % du marché de la télévision payante
6 milliards d’ariary de chiffre d’affaires
4 bouquets satellitaires
52 chaînes de télévision
21 radios
9 services interactifs

Où en êtes-vous avec le REC ?
L’enregistreur numérique REC (Revoir, Enregistrer, Contrôler) est l’un des nouveaux produits lancés au début de cette année et destinés à réactiver notre offre. Il permet d’enregistrer jusqu’à 120 heures de programmes.De technologie avancée, ce nouveau produit hi-tech offre aux abonnés l’opportunité de regarder encore mieux la télévision, de ne rien manquer aux programmes diffusés sur les chaînes de leur bouquet avec une qualité d’image exceptionnelle. À noter que La technologie du REC By Parabole a été entièrement développée par les ingénieurs de la société filiale du Groupe, Glop TV. Nous voulons ainsi être au plus près de la demande de nos abonnés et évoluer avec eux. C’est le même principe qui nous a guidés avec le bouquet Pika. En proposant la télé satellitaire à partir de 19 900 ariary par mois, nous sommes sûrs d’être à l’aube d’une révolution qui va complètement changer les habitudes du téléspectateur malgache.
Au point de modifier le profil de vos abonnés ?
Évidemment, l’image du bouquet satellitaire réservé à une consommation élitiste, aux classes supérieures et aux expats, est largement périmée. Les deux-tiers de nos abonnés sont en fait des Malgaches de la classe moyenne, et cette proportion va encore aller en s’amplifiant avec l’offre Pika. Comme vous pourrez le constater dans les mois à venir, le plaisir de toute la famille sera toujours notre objectif principal ; nous porterons donc une attention particulière à proposer une offre de programmes sans cesse renouvelée qui réponde aux envies de nos abonnés.
Mais toujours pas de programmes en malgache…
Jusqu’ici on a été limités par la capacité de stockage du satellite, ce qui nous obligeait à faire des choix. Mais avec la possibilité d’installer davantage de chaînes, nous travaillons d’arrache pied sur le développement du segment malgache, la « télé pays » comme on dit à La Réunion. On est déjà en pourparlers avec des télévisions privées. L’année 2012, sera aussi tournée vers la technologie en proposant plus de services personnalisés et une interactivité accrue de l’abonné avec son décodeur. Envoyer un SMS depuis son décodeur, n’est pas encore à l’ordre du jour, mais c’est évidemment l’avenir.

A ceux qui vous reprochent de favoriser une télévision trop commerciale, sans grandes visées éducatives ?
Nous fonctionnons avec une législation qui fixe le cadre de nos activités, même si elle ne nous impose pas de quotas en termes de programmes. Certes, par vocation, nous distribuons de la télé commerciale, calibrée sur des mesures d’audience, mais cela ne signifie pas que la qualité est absente. Des chaînes généralistes comme France 2 ou France 3 répondent à toutes les exigences d’une télévision de service public, sans parler des formats « découvertes » comme Discovery ou « infos » comme LCI. Comme distributeurs de bouquets, notre mission consiste à apporter le plus vaste choix possible, pas à dire aux gens comment ils doivent regarder la télé. Depuis 12 ans, Le Groupe Parabole est engagé auprès de ses abonnés à leur offrir au meilleur prix des moments de télévision de pur plaisir au quotidien.
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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
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