Transformer des câbles à vélo en porte-clefs, des chutes de palissandre en boucles d’oreilles… Jean Noël Rafenomanana développe depuis 15 ans une étonnante panoplie d’objets recyclés à la fois pratiques et décoratifs.
Arrivé à Antsirabe, il est difficile d’échapper aux vendeurs de pierre, de colliers de graines peintes ou de pousse-pousse miniatures. Pour eux, chaque escale de touristes est une nouvelle opportunité de gain. L’approche commerciale avec l’étranger est souvent anarchique, sorte de vente forcée, ou tout du moins soutenue, jusqu’à l’épuisement, soit du vendeur soit de l’acheteur. De cet essaim mouvementé un personnage se détache pourtant. C’est Jean Noël Rafenomanana. Lui ne vend rien. Il attend patiemment que la foule se disperse pour aborder sereinement le nouvel arrivant. Il souhaite la bienvenue, renseigne et conseille sur les bonnes adresses locales.
Jean Noël est attachant, on se prend assez vite à trinquer avec lui dans une gargote. Au premier verre, il répond sans détour aux questions posées sur sa vie. Il raconte son rôle de frère aîné après le décès de ses parents, la vente difficile de tapis en sisal, les deux années passées à la mine à chercher la tourmaline et l’or, à creuser toujours plus loin… puis l’achat d’un premier moteur pour sa meule et l’apprentissage délicat de la taille. Il décrit son engouement pour la création, son envie permanente de recycler la matière, d’inventer des objets ludiques. Cintrer du bambou pour des créations de bracelets, tailler la tourmaline en incrustation sur de la corne, chacune de ses créations fait l’unanimité à Antsirabe.
Au deuxième verre, on apprend qu’il fut aussi le premier vendeur de pierres au bord du lac Andrakivy, avec sa petite table. Aujourd’hui, ce sont trente échoppes qui se partagent le gâteau. En 1993, Jean Noël monte une association afin de fédérer l’ensemble des « vendeurs à la sauvette ». En 2007, avant la crise, il a son magasin artisanal en plein centre d’Antsirabe. Il lance alors l’idée des colliers en graines peintes, des barrettes à cheveux en chutes de métal. Intarissable sur les idées, il s’efforce d’écouter les critiques sur ses créations afin de mieux répondre à la demande.

Au troisième verre, il n’est pas rare qu’un étranger lui prenne 20 bracelets en bambou ou passe commande de 300 pièces de cet incroyable porte-clefs fabriqué avec du câble à vélo et du palissandre poli… Mais il est temps pour l’artiste ambulant de quitter la docte assemblée. Il va retrouver la petite maison qu’il a pu acquérir au fil du temps, s’occuper de ses quatre enfants, travailler son petit lopin de terre à patates douces, et enfin rejoindre son atelier où il se remettra au travail pour de très longues heures dans l’odeur du bois, de la corne, du métal et de la pierre. Rendez-vous demain. Quelque part à Antsirabe. Mais toujours dans la rue.$
Contact : 033 14 094 06 -
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(article publié dans no comment magazine n°24 - Janvier 2012 ©nocomment éditions)


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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