Au coeur des montagnes fauves de l’Isalo, dans le village reculé de Ranohira-Bas, vit Besa. Ultime descendant d’une dynastie installée depuis la fin du XVIIe siècle, il est le dernier roi des Barabe.
Ancien instituteur, Besa travaille maintenant la terre de ses ancêtres. Au milieu des rizières, la houe à la main, il a la prestance d’un seigneur, une élégance simple, les mains rugueuses et le port altier. Un mélange naturel de déférence et de hauteur.
Besa connaît toute la généalogie de sa famille depuis la fin du XVIIe siècle. Il récite sans hésitation les dix-neuf rois qui l’ont précédé, chronologie complexe où se mélangent plusieurs ethnies dans un long périple qui a amené au coeur de l’Isalo la dynastie Zafimanely, famille régnante de l’ethnie des Barabe. Besa aurait ainsi hérité d’un lointain ascendant portugais son regard clair, et d’une princesse betsileo son allure aristocratique. « Nous sommes un métissage, entre les hauts plateaux et la mer, mais nous avons notre identité propre. »
Son rôle est d’abord de cultiver cette identité en préservant les traditions. Il préside donc toutes les cérémonies traditionnelles, mariages, enterrements, retournements des morts, circoncisions, dont il connaît tous les rites et leurs significations. Il intervient aussi dans les conflits territoriaux et assure ainsi la cohésion de son peuple.

Sa mission, il l’a reçue de son oncle car la royauté se transmet au plus âgé : « Nous méritons ainsi le respect que l’on nous accorde et nous sommes pleinement capables d’assurer notre rôle ». Mais jusqu’à quand ? « Les Zafimanely ont dominé une grande partie du massif de l’Isalo, ainsi que le plateau de l’Horombe avant l’arrivée des Français. » Puis la famille s’est divisée pendant la colonisation, conservant néanmoins un rôle administratif et social important. « Mon grand-père était gouverneur de région », précise Besa, non sans fierté. L’avènement de la République en 1960 met à mal leur situation, déjà fragilisée par 80 ans de domination étrangère. Le développement touristique de la région et la croissance de Ranohira-ville sur la RN7 affaiblissent encore leur pouvoir. « Nous sommes le symbole d’une culture ancienne, qui doit être léguée aux jeunes générations », affirme Besa d’un air grave. Il est la mémoire, le ciment d’un peuple qui cherche à avancer tout en conservant son identité propre.


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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