Benjamin et Alfred conduisent la vieille locomotive qui relie une fois par jour Fianarantsoa à Manakara. Un périple de 163 km qui peut prendre jusqu’à douze heures, selon l’état de la voie et les éboulements de terrain…
Sous le regard émerveillé des enfants, ils réparent, soignent et manœuvrent avec dévotion l’antique locomotive qui emportera les voyageurs sur les 163 km de voie qui séparent la capitale du Betsileo de Manakara, la ville du café. Eux, ce sont les conducteurs du Fianarantsoa-Côte Est (FCE), une ligne de chemin de fer parmi les plus « raides » du monde, en activité depuis 1936.
Comme conducteurs de la masina (machine), nom respectueux donné par les riverains à la motrice, ils occupent une place à part dans le paysage. « C’est vrai, on nous respecte », convient Benjamin Randrianasolona, le doyen des conducteurs, âgé de 50 ans, dont 26 passés au service du FCE. « Quand la marina passe, c’est le signe que tout va bien. Pas de cyclones, pas d’éboulements de terrain… Nous transportons chaque année 150 000 passagers et 15 000 tonnes de marchandises à travers les pays Tanala et Antemoro. Des endroits qui seraient totalement enclavés sans le train. »
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Et à chaque fois une performance, car le trajet, commencé sur les hauts plateaux à 1 000 m d’altitude, n’est qu’une succession de descentes à pic, de virages à flanc de précipices et de tunnels sans fin, avant d’atteindre la chaude côte de l’océan Indien. La masina par elle-même ne paye pas de mine : une vieille BB 242 qu’on ne cesse de retaper de toutes les façons, quand il ne s’agit pas d’une vénérable Micheline des années trente, la seule encore en activité dans le monde !
Alfred Ramasindraibe a dix ans de service au sein de la FCE, et son plus grand plaisir est de faire rouler la Micheline, pour les touristes, jusqu’aux champs de thé de Sambahavy. Sinon, il assure un aller-retour par semaine vers Manakara. « Le reste du temps, nous transportons du matériel pour les réparations ou nous inspectons les voies ».
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Un préalable indispensable, vu l’état des équipements. Ici, des traverses parfois centenaires, laminées par les passages incessants des convois. Mais la nature peut aussi s’en mêler avec glissements de terrain ou cyclones qui vont paralyser la ligne pendant des jours, voire des semaines. Sans compter les enfants qui jouent sur les rails, les marchands qui installent leurs échoppes au bord de la voie…
Grâce à une association de défense du FCE, créée au début des années 2000, le train continue son inlassable besogne. Mais la situation s’est considérablement aggravée au cours des vingt-cinq dernières années. Si la compagnie assurait autrefois deux allers-retours par jour avec quatre locomotives en fonctionnement, aujourd’hui on en est à un trajet quotidien, assuré par une seule locomotive. « Chaque trajet est une victoire contre l’impossible », assure Benjamin qui, pour rien au monde, n’échangerait sa place pour une autre.


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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