Constructeurs de varangues de père en fils, les Zafymandroso se transmettent un savoir-faire unique où respire l’âme des maisons des Hautes-Terres. Un patrimoine architectural autant qu’un art de vivre.
Tofy, le sourire avenant, nous accueille sous sa varangue. Une grande terrasse blanche couverte et finement ouvragée, typique de cette région du Betsileo. « Elle a été sculptée par mon père, entièrement à la main, il y a une trentaine d’années. Je l’ai toujours vu travailler le bois », explique-t-il. Sous la véranda soutenue par plusieurs colonnes de briques, derrière les volutes de la balustrade, des enfants jouent sous le linge qui sèche, tandis que deux femmes discutent en surveillant la cuisson du riz. Un endroit très intime d’où il fait bon regarder passer les chaudes après-midi d'hiver…

Après des études d’ingénieur à Diego, Tofy choisit de revenir à Ambalavao à la fin des années 1990, pour succéder à son père. Avec ses deux frères, Rodin et Dama, ils investissent dans des machines et transforment l’atelier paternel en une entreprise prospère. Outre le travail courant de menuiserie, les frères Zafymandroso construisent en moyenne deux varangues par mois. La sculpture des motifs, découpés et ajourés, requiert à elle seul un artisan à plein temps. « Il faut environ une journée de travail pour un mètre de balustrade, parfois plus pour des modèles très fins », précise Tofy.
Réputée pour l’élégance de ses dessins et la solidité de ses matériaux, la famille est souvent sollicitée à Ambalavao – une ville qui présente pas moins de cent modèles différents de varangues - mais aussi à Tana et à Fianarantsoa. Mais sa plus grosse clientèle provient de la « brousse » où l’on trouve sans doute les plus belles varangues. « Depuis quelques années, on sent un retour à l’architecture traditionnelle dont la varangue est le symbole ».
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Les fonctions de ces terrasses surélevées, espace intermédiaire entre la salle commune et l’extérieur, sont nombreuses, aussi bien décoratives qu’utilitaires. Importées à Madagascar par un missionnaire écossais au milieu du XIXe siècle, elles ont été très vite adoptées par la population des Hauts Plateaux qui y voyait un puissant symbole de prospérité et de réussite sociale. D’où ces varangues richement ouvragées où chacun tentait, et tente encore, de rivaliser de prestige. « Mais c’est surtout un lieu de vie », précise Tofy. En effet, on aime s’attarder dans ces coursives aérées : on y discute, on y travaille, on y prend le frais en écoutant de la musique. On y vit finalement plus qu’à l’intérieur, et c’est bien là que s’épanouit l’esprit des Hautes Terres.


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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