Travaillant sans cesse sur de nouveaux projets, Madagascar est pour lui un terrain d'action où tout est à créer, à développer, à améliorer. Parti d’une société d’ingénierie informatique (Teknet Group), on le retrouve dans le catering et la gestion de bases-vies (Newrest Madagascar), mais également dans les travaux publics (Tekroad Carboncor) et le Consulting (Eurogroup).
Qu'est-ce qui vous motive depuis plus de dix ans dans la création d'entreprises ?
De retour dans la Grande Île en 1999, je me suis donné une année pour observer et mieux appréhender les réalités de mon pays. M'engager dans la création d'entreprises m'a alors paru comme une évidence, car j’estime que c’est un domaine clé dans le développement du pays. L'entrepreneuriat apporte de la création et de la valeur ajoutée, surtout en partenariat avec de grands groupes internationaux.
Ouvert depuis décembre, le Teknet Store d’Isoraka est le nouveau rendez-vous hi-tech de la capitale. De quoi s’agit-il au juste ?
Teknet Store est une vitrine reflétant l’ensemble des domaines d’activité de Teknet Group qui est la première société que j’ai créée en 2000 avec mon épouse Johanne, aujourd’hui directrice générale. Teknet Group offre une solution complète (produits et services) afin de satisfaire les clients B to B et B to C. Son développement nous a amené la confiance de nombreux partenaires internationaux, comme HP ou Evolis, et dernièrement Apple.
Votre partenariat avec Smiths Heimann illustre parfaitement votre vision des affaires à Madagascar...
À l’issu de la crise économique de 2002, la mise aux normes internationales du pays à conduit, entre autres à une volonté de sécurisation des frontières. Dans ce contexte, fort de mon réseau d’affaires tant au niveau international que local, Smiths Heimann, le numéro un mondial de la détection et sécurité aux frontières, me sollicite pour mener à bien un projet global de contrôle aux frontières par rayons X. Avec l’ensemble des parties prenantes, nous aboutissons à l’installation effective d’un premier scanner au port de Toamasina en 2005. C’est ainsi que Teknet Group prend en charge la représentation exclusive des produits et des maintenances tant pour les ports que pour les aéroports ou ambassades. Fort de cette expérience, Teknet Group exporte aujourd’hui son savoir-faire au niveau océan Indien et Afrique.
Représenter Apple à Madagascar, c’est vraiment pour le prestige…
L’esprit créatif de Steve Jobs a révolutionné le monde informatique et les outils de communication. Il me paraissait évident pour Teknet Group de vulgariser cette marque en partenariat avec les opérateurs locaux. On tient à garder cet esprit de démocratisation qui a présidé à la naissance de Teknet en 2000.
Quelle est votre méthode pour sélectionner les opportunités d’affaires ?
Lorsque je m’engage avec Eurogroup Consulting pour développer l’activité de conseil aux entreprises et aux administrations publiques, nous partageons avant tout la même vision des pays émergents : la modernisation des systèmes économiques et financiers. Les travaux que nous avons effectués via l’étude des systèmes financiers et bancaires à Madagascar nous ont naturellement conduits à penser à la création d’une Bourse. Cette étude est entre les mains des décideurs politiques.
Avec Newrest Madagascar, créé en 2006, le lien est moins évident : on passe de l’informatique et la finance au catering industriel...
C’est un autre métier, mais toujours dans la logique de ces rencontres auxquelles je dois tant comme entrepreneur. Ici avec Olivier Sadran, le patron de Newrest Group International, seul caterer à intervenir sur l’ensemble des segments de la restauration et des services associés comme le buy on board ou le duty free dans les avions. Grâce à la dynamique engendrée par le groupe, Newrest Madagascar se positionne aujourd’hui comme le premier opérateur de fourniture et de gestion de camp à destination des opérateurs pétroliers. Nous assurons notamment la base-vie de Madagascar Oil et Total Exploration. Ce groupe mondial répond à un besoin évident de professionnalisation des prestations dans le domaine de la restauration collective. J’ai en perspective, la mise en place des tickets restaurants malgaches afin de veiller à l’alimentation saine des cantines et que l’employeur optimise sa productivité. Enfin, le salon VIP d’Air France à l’aéroport national d’Ivato en est la meilleure illustration
Pourquoi s’occuper d’entretien routier via Carboncor Madagascar ?
C’est encore ici une formidable opportunité. En effet, je pense que Madagascar doit se doter d’un réseau routier fiable, peu coûteux et écologique. Avec mes partenaires, nous avons monter une société anonyme Tek Road et nous nous sommes dotés d’une usine de fabrication d’enrobés à froid employant une cinquantaine d’employés sur la RN7. Le produit, Carboncor se présente en sac de 25 kilos prêt à l’emploi. Avec des institutions publiques dans le BTP et le fer, mais également avec des sociétés privées, nous avons déjà réalisé plusieurs centaines de kilomètres de route dans toutes les régions de Madagascar. Nous sommes actuellement, sur l’exportation de ce produit au niveau régional océan Indien.
A ceux qui minimisent votre parcours, sous prétexte que c’est toujours plus facile quand on est un fils de ?
J’ai eu la chance, et non le mérite, d’être né dans une famille qui compte parmi les siens un grand nombre de financiers, d’élus, d’avocats, de journalistes. Pour moi, la question s’est posée très tôt de savoir ce que j’allais faire pour me réaliser. Une fois le bac en poche, je suis parti vivre en France, à Toulouse précisément où je suis resté 20 ans. Là-bas, j’ai acquis une grande expérience de la vie, une forte expérience professionnelle, notamment dans la mise en place d’un réseau d’affaires… et surtout l’envie d’apporter ma pierre à l’édifice pour mon pays. Je suis fier d’appartenir à une famille de patriotes.
Depuis votre retour en 1999, vous avez traversé deux crises politiques. Cela ne vous a pas refroidi ?
L’instabilité politique est une réalité malgache. Elle nous oblige à développer nos affaires sur le court ou moyen terme. Les crises sont évidemment des handicaps, cependant c’est lorsque nous sommes au creux de la vague que l’homme d’affaires se doit en permanence d’anticiper d’avenir. En l’absence des bailleurs internationaux, la crise démontre que c’est bien le secteur privé qui est le vrai créateur de richesses. Raison de plus pour les politiques de nous entendre. J’estime qu’on ne pourra pas éviter un plan Marshall au lendemain de cette crise. Il faudra bien l’implication d'hommes d’expérience pour monter le projet et trouver les financements…
Vous vous voyez un avenir politique ?
On m’a sollicité plusieurs fois dans les hautes sphères, mais j’ai toujours refusé. J’estime qu’on ne peut pas mener de front une carrière politique et une carrière économique. Pour chacune, c’est du travail à temps plein et le conflit d’intérêt guette forcément. Si je dois faire un jour de la politique, ce sera encore une fois par une rencontre. Parce que quelqu’un aura su me passionner par ses idées et sa vision. Mais ce n’est pas d’actualité…
(article publié dans no comment magazine n°25 - Février 2012 ©nocomment éditions)


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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