Sauf exception ou miracle (selon votre sensibilité), cet édito consacré au 1er Mai ne devrait pas vous parvenir avant le 2 mai. En raison précisément de cette grande fête chômée du Travail où personne, et moi le premier, n’a l’intention d’en faire lourd d’un point de vue strictement productif.
De lever ne serait-ce que le petit doigt. Même pas un petit doigt rageur à destination des patrons exploiteurs, comme on dit chez les camarades exaltés.
C’est important de pouvoir manifester au moins une fois par an notre vocation de gros paresseux, de tireau- flanc chroniques, de rappeler que nous sommes tous des poètes, des rêveurs, des irresponsables contrariés, des asociaux associés ! Ça je l’emprunte à Paul Lafargue, le gendre de Marx, auteur du savoureux pamphlet Le Droit à la paresse (1880), écrit dix ans avant l’institution de la Fête du Travail. Certes, l’heure n’est plus aux grands défilés d’antan avec déploiement de lance-missiles caca d’oie, sur fond de nomenklatura figée comme des momies à la tribune. Encore qu’il soit possible de s’en faire une idée aujourd’hui en suivant les fastes prolétariens du 1er Mai en Corée du Nord. Mais que cela ne nous empêche pas de saluer à notre manière, paisible et « peinarde », la fête de toutes les utopies. Cette édition du 1er mai marque aussi pour no comment® le passage à un tirage (certifié) de 25 500 exemplaires. Preuve qu’on n’a pas chômé…

























