Sculptant à partir de ferraille récupérée, l’artiste burkinabé redonne une seconde vie aux « trésors des poubelles ». Une façon de réenchanter le monde et de débrider notre imaginaire.
Originaire du Burkina Faso, Fernand Nonkouni a présenté en octobre dernier à l’Is’art Galerie une étonnante exposition intitulée Tradition et modernité. Pour l’essentiel, des sculptures réalisées à partir de ferraille récupérée, mais respectant tous les canons de la statuaire africaine sur bois. « Plutôt que de piller le bois d’ébène, je préfère utiliser les débris de la société de consommation qui pourrissent dans les décharges du tiers-monde », plaide l’artiste, un rien provocateur. Né en 1968, il a présenté son travail dans un grand nombre d’expositions en Afrique, en Europe et aux États-Unis où il a notamment remporté le prix de la fondation Pollock-Krasner à New York en 1998. De Pollock, il a largement assimilé l’expressionnisme abstrait dont sont déjà porteurs, selon lui, les masques africains traditionnels : l’occasion de rappeler tout ce que l’art contemporain, depuis au moins Picasso, doit à l’Afrique. Si son travail sur les objets récupérés le classe dans la lignée des Tinguely, c’est plutôt avec le Sénégalais Ousmane Sow qu’il se reconnaît une filiation : « Parfaitement autodidacte, il fabrique lui-même les matériaux de ses sculptures, ce qui est une façon d’être vraiment au coeur du processus de création, un peu comme un sorcier chaman », estime Fernand Nonkouni.

Électron libre de la jeune création africaine, il refusera d’intégrer l’école des beaux-arts de Paris pour ne pas devenir un artiste « formaté ». « Les bases techniques et l’histoire de l’art sont utiles, mais à un moment il faut avoir le courage de continuer seul pour vraiment progresser. » Et c’est ce qu’il fait, peignant et sculptant en toute liberté sans trop se soucier de conceptualiser ses créations. « Un garde-boue, un pot d’échappement, le cale-pied d’un vieux vélo, rien qu’avec ça on peut faire un oiseau », expliquet- il. Un art qui se veut éminemment concret et « premier » dès qu’il touche à la sculpture. « Quand je peins, je ne reproduis pas ce que je vois, plutôt ce que je ne vois pas. Je suis à la recherche de l’invisible. Mais c’est l’inverse quand je sculpte car je dois alors me soumettre aux formes et aux matériaux dont je dispose ». Tous les matériaux qu’il utilise sont récupérés un peu au hasard à Isotry ou à Ampefiloha. « Avec un peu d’imagination on peut donner une seconde vie à n’importe quelle pièce détachée », estime-til. C’est bien ce qu’il a l’intention de démontrer en prévoyant d’animer prochainement un atelier destiné à libérer la créativité des artistes locaux. Des représentants de la nouvelle génération, comme Ralf Arivelo ou Temandrota, devraient répondre à son appel. Une nouvelle école d’art en perspective ?
Contact : (+261)32 80 284 04


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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Christine
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