Par ses écrits, ce presque contemporain de Rabearivelo a formé et continue à former des générations entières d’écoliers au Fihavanana et au Fanahy. Un écrivain dont le centenaire tombe à pic pour nous rappeler les vraies valeurs.
Tous ceux qui ont fréquenté les bancs de l’école le connaissent par ses écrits, à défaut parfois de se rappeler son nom. Mais ça, c’est la vraie postérité. Sa Filozofia Malagasy (Philosophie malgache) est toujours donnée en dissertation dans les collèges aussi bien qu’à l’Université : elle a même inspiré une thèse de doctorat en 2008. C’est dire que la figure du RP Antoine de Padoue Rahajarizafy (1911-1974), dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, continue à occuper une place de tout premier plan dans la culture malagasy. Homme d’Église, académicien, philosophe, grammairien, pédagogue, c’est sans doute comme intellectuel – au sens le moins déprécié et le plus engagé du terme – qu’il s’impose à nous.

Son essai Ny Hanitra Nentin-Drazana (Sagesse ancestrale), achevé en 1939, demeure le plus vibrant plaidoyer en faveur de l’identité malgache. Une identité indissociable, selon lui, des valeurs ancestrales du Fanahy (l’âme) et du Fihavanana (l’harmonie sociale). Une certaine « malgachitude » en somme, arrivant comme en écho aux lointains travaux de Césaire et Senghor à la même époque. Même enjeu, même combat dans une époque plombée par le colonialisme. Son livre ne peut que déplaire à l’administration de tutelle : interdit de publication pendant 25 ans, il va néanmoins éveiller pas mal de consciences grâce à sa diffusion sous le manteau. Son manifeste Saino ry Malagasy ambon’olona (Réfléchis, Malgache, être amoindri), paru en 1951 dans le journal Gazety Pitik’afo, est encore un furieux pavé lancé dans la mare, et la marque d’un vrai courage moins de quatre ans après l’insurrection de 1947.

Dans Filozofia Malagasy, sans doute son ouvrage le plus cité, il approfondit encore son anthropologie de l’« être malgache » en soutenant que « c’est le Fanahy qui est l’homme » : terme intraduisible, selon lui, ne signifiant ni tout à fait l’âme, ni l’intelligence, ni la conscience psychologique. Quant au Fihavanana, supposé favoriser l’entraide, il regrette qu’il soit devenu un instrument de manipulation et une source constante de corruption. Près de quarante après sa mort, le propos garde toute son actualité, à tel point que le juriste Patrick Rafolisy s’en est inspiré pour sa thèse de 2008 portant sur la protection juridique de l’intégrité morale à Madagascar. La publication d’un livre du centenaire, Tsangambaton’ny Faha 100 Taona, est attendue pour clore les célébrations de cette étonnante figure dont une rue porte désormais le nom à Ivandry.
Contact : (+261)32 11 006 11


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Fitambarana à l’IFM Publié le 17 Mai 2012, 16.26
Les groupes L’Avion Rose et Tambours Gasy ont partagé la scène de l’Institut français de Madagascar (IFM) le 11 mai dernier.
AccompagnésRencontre improbable entre chansons françaises pop-rock et percussions basée |
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