8 MARS, journée de la femme : « Les femmes sont des entrepreneures nées »
26 mars 2019 - Tribune commentaires   //   464 Views   //   N°: 110
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Le 8 mars est la célébration de la Journée de la femme. Pour le Groupement des femmes Entrepreneurs de Madagascar (GFEM), c’est un jour où l’on continue à se battre pour une politique économique inclusive et générale en faveur de l’entrepreneuriat féminin.

À Madagascar, malgré les initiatives des différents dirigeants, il n’y a pas encore suffisamment la volonté politique concrète de favoriser l’entrepreneuriat féminin. Les femmes malgaches ont besoin de politique générale et inclusive de l’État dans leur accompagnement et dans leur autonomisation. Sinon, les initiatives privées ne seront que du saupoudrage sans impact majeur. Aimer entreprendre doit tout d’abord s’acquérir sur les bancs des écoles. Tout est une question d’éducation. Il faut également la multiplication des incubateurs qui accompagnent l’entrepreneur lors de sa création de société. Les accélérateurs d’entreprises dédiés aux femmes sont aussi vitaux. Ce sont des programmes pour aider les entreprises à devenir stables et autonomes.

De nombreux défis sont aussi à relever. Les femmes malgaches ressentent toujours une certaine autocensure.

Pour elles, l’environnement des affaires est masculin, surtout pour celles qui veulent investir dans les secteurs jugés moins féminins comme le bâtiment, la mécanique, l’industrie, les nouvelles technologies, etc. A cause de ces stéréotypes, elles n’ont pas assez confiance en elles. D’autant plus que se lancer dans l’entrepreneuriat n’est pas un réflexe naturel chez une femme. La plupart de celles qui sautent le pas, l’ont fait après mûre réflexion et beaucoup de temps d’analyse.

Le manque de soutien pour lancer une entreprise quand on est une femme revient sans cesse dans les propos de nos consoeurs. L’accès au financement est un problème récurrent. Même si certaines arrivent à présenter des dossiers bancaires pour les prêts, elles se voient opposer un refus près de deux fois plus souvent que les hommes. Ces femmes sont finalement réorientées vers des organismes de micro-crédit. Ainsi, elles sont obligées de faire appel à des appuis auprès de leurs proches comme garants moraux et financiers. Au final, elles sont doublement dépendantes en étant redevables financièrement et mentalement à leurs garants.

L’éducation et les mentalités n’ont pas beaucoup évolué à Madagascar. Dans certaines régions, les femmes qui quittent leur foyer pour un travail sont encore mal perçues. Pourtant, elles arrivent à bien gérer. Les femmes malgaches sont des entrepreneures nées. Elles ont été éduquées pour gérer la maison dès le plus jeune âge. La plupart ont un caractère inné d’adaptation et de survie pour optimiser ce qu’elle possède, que ce soit une entreprise ou un foyer. Voilà pourquoi le GFEM se bat aujourd’hui pour fédérer les femmes dans un réseau national afin de leur offrir un accès à un environnement des affaires favorable notamment au capital, aux formations adaptées, aux accompagnements nécessaires, à l’égalité des sexes, etc. Si ces conditions sont plus ou moins réunies, les femmes malgaches représentant près de plus de la moitié de la population, évolueront dans un climat équitable pour réussir. Elles sont l’avenir de ce pays. Quelques têtes bien connuesl’ont déjà prouvé !

Fanja Razakaboana
Présidente du GFEM

Créé en 2016, le GFEM réunit douze associations et de nombreuses femmes entrepreneures venant de plusieurs régions de Madagascar. Le GFEM travaille à l’accompagnement et à la valorisation de l’entrepreneuriat féminin.

© Photo : Roddy

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