50 ans de bonheur
10 mars 2014 - Éco LifeStyle commentaires   //   1267 Views

n°50

Du haut de ces carrières exceptionnelles, un demi-siècle vous regarde. A une époque où les chanteurs s’usent plus vite que leurs tubes, les parcours de Fanja Andriamanantena et Abel Ratsimba ne peuvent que laisser rêveurs. Même dans le silence leur voix porte…

 

Fanja Andriamanantena

« L’art de prendre son temps »

Bien qu’elle n’ait enregistré qu’une demi-douzaine d’albums, elle occupe la place d’une icône dans les milieux du jazz  malgache.

Un talent tellement discret qu’on a peine à se rendre que cela fait  un demi-siècle tout rond qu’elle est là, transcendant les modes et les époques.Une oeuvre subtile servie par une bonne soixantaine de titres qu’elle a écrits et composés mais pas forcément  interprétés, car  elle adore se mettre au service des autres, surtout des jeunes : Mika et Davis, Lalie et Nanie, Kiady, etc. « Ma plus grande fierté est de penser que mes chansons ont peut-être servi à les révéler à eux-mêmes », confie-t-elle.

Sa marque de fabrique, un façon de ne jamais plier devant la facilité, la variété commerciale, le bazar médiatique. Un halo de mystère et de poésie l’accompagne à chacune de ses apparitions.

Grand-mère de six petits-enfants, elle avoue goûter aux « privilèges de l’âge », tournant le dos à tout ce jeunisme « si peu propice au  mûrissement artistique qui est pourtant seul moyen de  faire une oeuvre sur le long terme. » Et son temps, elle sait le prendre ! Si elle a fait très peu de scène entre 1968 et 2000 (six concerts en tout),  plus occupée dans l’import-export et dans l’éducation de ses enfants, elle n’a jamais cessé d’écrire et de composer pour autant, sachant qu’un jour elle reviendrait, maîtresse de son #art. Fille d’un journaliste et d’une musicienne, et nièce de l’éminent poète Rado (Georges Andriamanantena de son vrai nom), Fanja a commencé à écrire et à composer très jeune.

Pour autant, elle fait remonter les débuts de sa carrière à 1964, année de sa première apparition sur scène, à l’occasion d’un concours de chant blues organisé par le Centre culturel Albert Camus, l’#actuel #IFM. Depuis, le succès ne s’est jamais démenti, comme ce jour de 1968 où elle  remporte la médaille de bronze à un festival mondial de la jeunesse en Bulgarie, parmi 160 pays représentés. S’ensuivront néanmoins trois décennies de quasi-silence…

 

Abel Ratsimba

On l’appelait l’idole des jeunes

Les gens l’appelait l’idole des jeunes. Et ce n’était pas du tout exagéré, car il fut une véritable star pour groupies déchaînées  dans ces décennies magiques qui relient les années 60 aux années 80.

« J’étais jeune, j’étais beau et élégant, mais ça ne suffit pas pour construire une carrière », soupire  Abel Ratsimba, cousin germain d’Henri Ratsimbazafy, son maître à chanter.

Né à la scène en 1964, en pleine Surfmania – comme il y eut à l’époque une Beatlemania,  chacune de ses chansons fait alors un carton et certaines sont  toujours diffusées par les radios comme pièces du patrimoine national.

Ainsi de  Ry alina ô nahoana  et  Sahinao sorties en 1970. Elles composent son premier disque, un 45 tours produit par Jérôme Randria du groupe Ny Railovy.

« Je n’ai jamais eu un public particulier.  Les Malgaches comme les étrangers, les jeunes comme les adultes venaient à mes #spectacles. » Une autre époque, beaucoup moins saturée d’#artistes et de stratégies marketing que l’actuelle. « Si tu arrivais à faire diffuser ta chanson à la radio nationale, seule station existant à l’époque,  c’est que  tu avais vraiment du talent et que ton œuvre était exceptionnelle.  »

L’époque n’est pas aux chanteurs #professionnels et Abel Ratsimba préfèrera assurer sa subsistance comme instituteur dans une école primaire publique (EPP) avant de quitter les paillettes dans les années 80. Son oeuvre enregistrée tient en quinze 45 tours, deux 33 tours et quatre DVD. Sans compter l’opus qu’il compte sortir cette année, histoire de célébrer en musique ses cinquante ans de chansons malgaches.

Solofo Ranaivo

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